“Des effluves et des œuvres” : voyage dans le temps avec In The Ere

Comme elle le dit souvent elle-même, Constance aime raconter des histoires. Elle est douée pour cela, et c’est probablement la raison pour laquelle le parfum lui parle autant, en dehors de son histoire personnelle. C’est sûrement cette raison qui l’a amenée à construire une nouvelle façon de parler du parfum d’abord avec l’aventure des Ateliers Parfums Thierry Mugler, puis aujourd’hui avec sa propre société In The Ere. Passer par la cuisine, la science, l’histoire ou encore l’art pour aborder ce sujet faussement évident qu’est le nez est la spécialité de cette grande blonde au sourire

Constance Deroubaix, Fondatrice d'In The Ere
Constance Deroubaix, Fondatrice d’In The Ere

accrocheur. Car c’est probablement en empruntant des routes inattendues que l’on découvre le plus de choses sur soi et sur la réalité du monde, comprenant alors que tous les champs de perceptions sensorielles sont intimement reliés, alors que nous avons toujours eu tendance à les séparer.

Faisant des liens là où nous n’avons pas l’habitude d’en faire et associant franchement et ouvertement des univers qui se regardaient jusqu’alors sans se le dire, In The Ere a développé tout un panel d’ateliers et de conférences alliant des univers proches mais ne se confondant pas. Par exemple, lors des ateliers culinaires, révéler un ingrédient de la parfumerie et de la cuisine en goûtant mais aussi en sentant, permet d’ouvrir le regard, d’enrichir la perception et ainsi, de décupler le plaisir.

Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, Constance Deroubaix s’est associée avec Carole Couturier, historienne de l’art, pour développer des visites-conférences d’un nouveau genre dans les musées parisiens : “Des effluves et des œuvres”. Lors de ces visites, vous pourrez découvrir ou re-découvrir des œuvres marquantes, tout en sentant des parfums créés à la même époque. Grâce aux explications de Carole, vous serez alors à même de décrypter les codes visuels, culturels et artistiques des tableaux, tandis que les commentaires de Constance vous permettront de faire des parallèles inédits entre création olfactive et création picturale.

Portrait de la journaliste Sylvia Von Harden - Otto Dix, 1926
Portrait de la journaliste Sylvia Von Harden – Otto Dix, 1926

Je ne sais pas à quelle époque l’idée d’analyser un tableau à travers les prismes de l’histoire, de l’art et du parfum est survenue à l’esprit de Constance, toujours est-il que la visite-conférence “Des effluves et des œuvres” au centre Pompidou est l’une des expériences les plus convaincantes qui m’ait été donné de vivre dans ma petite vie de perfumista. Grâce au professionnalisme des deux intervenantes, vous êtes immergés dans une époque que vous n’avez sûrement pas connue : le XIXe siècle ou le début du XXe (Musée d’Orsay ou Centre Georges Pompidou). Arrêté devant chaque œuvre, la puissance évocatrice du parfum vous coupe légèrement du moment présent et, tandis que vous perdez vos yeux dans le tableau, resurgissent alors à votre esprit des phrases, des images, des ambiances lointaines, que vous avez peut-être croisées dans vos lectures, vos études ou vos loisirs. L’espace d’une seconde ou deux, vous n’avez plus les mêmes vêtements, plus le même nom, plus le même parfum… Mais l’instant suivant, la voix des organisatrices vous réveille pour vous emmener attraper le train temporel suivant. Vous ressortirez après 1h30, ne sachant plus vraiment quel jour nous sommes, en ayant la ferme intention de revivre cette expérience.

En temps qu’amatrice de parfum, j’ai particulièrement aimé le travail d’aller-retour olfactif et visuel qui s’opère dans l’esprit lorsque l’on sent un parfum, tout en regardant une œuvre. L’évidence du parfum comme support artistique et témoin de son époque est plus criante que jamais, alors que tant d’entre nous en sommes convaincus depuis si longtemps. Même pour le novice ou le curieux, l’exercice mental proposé par la conférence est très enrichissant : avec une nouvelle manière de percevoir le visuel tout autant que l’olfactif, il incite le visiteur à ouvrir son esprit à de nouvelles formes de sensations et d’intellectualisations.

Ces conférences, en définitive, rendent curieux. Au sens premier du terme : qui a envie de voir, de savoir, d’apprendre. Et dans une époque où la curiosité aurait plutôt tendance à être malsaine, voyeuriste et réductrice, elles font un appel salvateur à notre esprit critique et à notre regard sensible sur le monde. Une manière finalement de faire grandir notre perception de l’art et de la beauté, tout en donnant l’envie d’apprendre plutôt que de se distraire.

Les prochaines conférences “Des effluves et des œuvres au centre Pompidou” :

Vendredi 19 septembre à 18h30 (intégré à la programmation “Les Rives de la Beauté“)
Samedi 15 novembre à 11h30
Samedi 29 novembre à 11h30
N’hésitez pas à suivre l’actualité d’In The Ere sur sa page Facebook, ou à contacter Constance pour plus d’informations à l’adresse suivante : constancederoubaix[at]intheere.fr

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