Tom Ford : Violet Blonde

Violet Blonde - Tom Ford

Les femmes, dans l’univers de Tom Ford, n’ont définitivement pas cet aspect doux et réconfortant qu’on leur prête parfois dans d’autres circonstances. Violet Blonde, le dernier lancement de la marque dans la collection “grand public” persiste et signe dans cette image d’une féminité ultra-sensuelle et un peu agressive, il faut bien le dire. Bien que la communication soit moins sombre et intrigante qu’avait pu l’être celle de Black Orchid, les codes restent les mêmes, visuellement mais surtout olfactivement.

C’est souvent un plaisir de découvrir un parfum de la marque, car question originalité, on est quand même rarement déçu, ce qui nous change un peu de la soupe ambiante que l’on retrouve à 95% le reste du temps.

Violet Blonde ne sent pas la violette (ou pas trop). Et il ne me fait pas non plus penser à une blonde. Mais sur ce dernier point, je dois

Violet (Jennifer Tilly) dans Bound, 1996

reconnaître que c’est parce que j’ai immédiatement pensé au personnage de Violet dans le film Bound des Frères Wachowski, sorti en 1996. Mais cette association, une fois le parfum sur la peau, ne m’a pas semblée inadaptée. L’esprit général du parfum reste bien celui d’une femme très attirante, sûre de ses charmes et relativement mystérieuse.

Le départ est frais, mais le parfumeur nous a quelque peu épargné l’habituelle entrée en matières agrumes pour travailler plutôt un départ fruité – poire, à peine lacté, qui n’est pas sans rappeler l’ouverture d’Aimez-Moi de Caron. Très vite, le caractère poudré du parfum se développe, en passant par un stade velouté (chair du fruit) avant de dériver vers un aspect un peu plus cosmétique mais sans l’effet “cocooning” qu’on accorde souvent à ces notes. Non, la féminité de ce parfum, bien qu’évidente, est plus dangereuse et venimeuse que cela. Et le stade suivant le confirme, puisque l’évolution du parfum se décale au fil du temps vers un aspect peau (note cuir et feuille de violette) et à peine épicé… par du cumin. L’épice en tant que telle n’est pas citée dans la pyramide officielle, mais la petite touche de transpiration caractéristique du cumin est bien là et elle se fond dans l’aspect poudré des graines d’ambrette (le même poudré que dans Urban Musk de la Private Blend) et dans la note animale du jasmin sambac. Le parfum se conclut sur un fond boisé – musqué de vétiver et de cèdre et laisse une impression dense et un peu intrigante.

Car au final, je n’aurai trouvé ni la violette, ni la blonde dans ce parfum. Les notes habituelles utilisées pour reconstituer la violette dans un parfum sont présentes (méthylionone et iris) mais n’ont pas l’aspect daté, lourd et écrasant qu’elles ont parfois. Et la blonde… eh bien je la cherche toujours en fait, mais je ne saurais pas vraiment dire pourquoi je ne la trouve pas.

Et vous, l’avez-vous trouvée?

4 commentaires

  1. bonjour ! j’ai beaucoup aimé cette Blonde (pas si blonde, je te l’accorde), Antoine Lie a signé un très bel iris épicé et velouté, très vintage, et plus abouti que Black Orchid selon moi.
    Completement pin up et retro, je pense qu’on peut surtout voir dans l’association des deux noms l’idée d’un contraste sexy, et d’une féminité glamour exacerbée…

    1. Bonjour Jeanne,

      Ravie de te revoir par ici. J’ai vraiment été ravie de découvrir cette création, car j’avais été un peu déçue par le White Patchouli tout de même que j’avais trouvé beaucoup trop plastique… Je ne dirais pas qu’il est plus abouti que Black Orchid, mais c’est sûrement parce que j’aime son côté totalement venimeux… Toulours cette sensualité excessive, une vraie marque de fabrique. Personnellement, j’adore.

  2. J’irai la sentir, je suis très curieuse. J’avais eu un tel choc avec Black Orchid. Quelle déconvenue. Un nom, mille espoirs glamouresques. Sur la mouillette, des promesses opaques fumées de mystères mauves. Sur moi : odeur de shiitake macéré dans du sirop Lambert de Grand-Mère. Odeur d’officine rance, d’apothicaireries délirantes.

  3. Ancienne Black Orchid’s addict, j’ai dû abandonner ce parfum qui caractérisait si bien mon idéal, à contrecoeur, à cause d’un ancien amant indélicat qui me disait souvent croiser des “rombières du XVIème” le portant également. (Le goujat; évidemment, c’est moi qui l’avais quitté, il fallait bien qu’il se vengeât).
    Lue sa composition, et rien que son nom, Violet Blonde m’a paru fait pour moi, et je l’ai commandé sur Internet les yeux et les narines fermés, sans même l’avoir essayé en magasin. J’en ai été très satisfaite, et le porte toujours avec délices ! La marque a évolué dans le même sens que moi (sans doute suis-je trop influençable par les publicités et les médias), vers plus de douceur et de langueur que l’énergique et vénéneuse orchidée.

    Une petite note sucrée qui féminise Violet Blonde et suscite la curiosité des nez les plus fins. Par contre, moins de réactions dans l’ensemble que Black Orchid qui choquait plus souvent par son côté inhabituel et un peu farouche.

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