Le dimanche musqué – Tom Ford : Urban Musk

Urban Musk - Tom Ford

Il y a un moment, j’avais juré que je ne parlerai plus de Tom Ford tant j’avais été vexée par sa campagne publicitaire pour Tom Ford for Men. Deux ans plus tard, du plomb dans la cervelle et un peu de recul en plus, je suis retournée vers cette Private Blend qui compte dans ses rangs des recrues d’une valeur inestimable pour certaines. Ça, d’ailleurs, Tom Ford l’a bien compris et il nous le fait payer ! Pour notre sujet, je suis allée fouiner du côté de la collection Private Blend White Musk, une ligne créée en 2009, et qui est venue apporter un souffle à la fois plus féminin et plus occidental à cette ligne très sombre, aux senteurs très intenses et clairement orientée pour le Moyen-Orient.

Parmi les quatre parfums de cette gamme, je me suis attardée sur Urban Musk qui m’intrigue depuis plusieurs jours au fur et à mesure que je le porte. Relativement peu intense en sillage, il offre néanmoins l’une des notes de peau les plus délicieuses qu’il m’ait été donné de sentir depuis le début de cette série. Tous les autres, bien sûr, se fondaient sur la peau et en adoptaient la forme et la texture, ce qui est de toute façon particulièrement marqué avec des créations musquées, mais tous se situaient dans le registre du parfum, alors qu’Urban Musk est à la limite. On ne sait pas vraiment s’il s’agit de l’odeur merveilleuse d’une peau dorée au toucher velouté, ou si l’on est en face d’une eau poudrée et délicate qui glisse entre les doigts comme une épaisse mèche de cheveux.

Parmi les muscs “en équilibre” entre une base animale et une bulle de propreté, ce parfum se trouve sur la ligne des plus poudrés ce qui le rend très chuchotant et parfois assez difficile à discerner. Cette note est surprenante, elle me fait vraiment penser à une joue fraîchement poudrée sur laquelle on vient déposer une baiser. Attention, les notes de violette ne sont pas au rendez-vous, cette douceur étant surtout apportée par l’héliotropine et les graines d’ambrette. Au départ, on discerne furtivement une petite note urine mais qui laisse rapidement place à une rondeur poudrée et vanillée où le benjoin apporte sa petite pointe gourmande. Je ne suis jamais allée en Amérique (pour le moment), et je ne sais pour quelle raison il m’évoque avec précision une ambiance américaine, très policée de l’extérieur mais finalement excessive à d’autres endroits. Il sent la femme apprêtée, aux ongles faits et aux cheveux laqués, mais qui sait en même temps avoir cet air naturel et à peine nonchalant que vous rêveriez de savoir maîtriser.

Bien que très discret sur ma peau, j’ai eu du mal durant les jours où je l’ai porté à me décoller le nez des poignets. J’ai pensé au début qu’il ne tiendrait pas la route, mais j’ai été une mauvaise langue. Il mérite largement sa place dans une sélection musquée, bien qu’il soit assez difficile à trouver, très cher et relativement élitiste. En même temps, cela résume assez bien tout ce que fait Tom Ford…

Demain vous aurez droit à un petit extra de la semaine musquée, parce que plus on est de fous…, puis probablement jeudi ou vendredi, je vous proposerais un petit bilan sur cette semaine et cette famille qui m’aura largement inspirée et qui continuera sans doute encore.

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