Le samedi musqué – Serge Lutens : Muscs Koublaï Khan

Muscs Koublaï Khan - Serge Lutens

Nous y voilà enfin chers amis ! Vous en aviez rêvé, le voilà : Muscs Koublaï Khan passe à la dissection. J’espère que moi par contre, je ne vais pas passer par cette case tant il y a déjà eu de la littérature sur ce parfum. Il déchaîne les passions sur forums, blogs et autres espaces de littérature numérique parfumante. Dans un souci d’équité, voici une sélection des articles qui ont précédé le mien : en voilà un, puis un autre encore, et à nouveau, et puis … Le devoir de mémoire étant accompli, je vous propose de poursuivre la semaine et d’entamer la soirée sur les chapeaux de roues en engageant la discussion aussi franchement que Muscs Koublaï Khan le fait avec nos narines. Je viens de me rendre compte d’ailleurs que je suis en train d’écouter Samantha Fox alors même que je rédige ce billet (j’ai la honte jusqu’à la fin de mes jours au moins là). Rien à voir avec le raffinement de la cour mongole de Koublaï Khan, auquel le parfum rend hommage donc.

Ma rencontre avec ce parfum date de sa sortie dans la gamme export il y a 2 ans. J’avais à l’époque le nez bien moins entraîné qu’aujourd’hui, et je suis surprise de me rappeler que j’ai été irrésistiblement attirée par cette odeur, en dépit de tous les commentaires que j’avais pu entendre à son sujet. Ménagerie, crottin, cheval, vous connaissez l’histoire. Non, je l’ai trouvé d’emblée magnifique, mystérieux et impénétrable, à en devenir muette et folle de désir. Aujourd’hui, avec un peu plus de connaissance en stock, je crois comprendre ce qui a pu me plaire chez MKK : la base Animalis. Cette base ancienne de la parfumerie qui émane des fabriques De Laire comme le Prunol, l’Ambre 83 ou la Mousse de Saxe, exhale une odeur qui me fait penser à l’urine que vous croisez dans le métro au détour d’un recoin sombre. Si je ne me trompe pas, cette base contient notamment du costus, une plante aujourd’hui interdite qui évoquait une casquette sale et lourde de sébum. Si j’en étais capable, je crois que je pourrais porter cette base seule tant elle donne une sensation de “vrai parfum”, de peau et de fourrure.

Malgré ces images peu ragoûtantes, cette base est une merveille et apporte à Muscs Koublaï Khan une dimension érotique d’une intensité rare. Accompagnées de douces notes poudrées (graines d’ambrette), vanillées, baumées (labdanum), les notes animales de MKK sont tapies et ne crient pas trop fort, sur ma peau en tout cas. Je ne vous ferai pas le couplet sur la sensualité enivrante de ce parfum, sur son pouvoir presque hypnotique de séduction, parce qu’il est évident.

Par contre, je vais vous parler de chat. Parce que ce parfum pour moi sent la tête d’un chat. Une douce odeur féline, souple, juste assez intense pour que l’on sache qu’il s’agit d’un animal, mais tout en délicatesse, loin d’une odeur puissante de fauve comme pourrait l’évoquer l’Absolue pour le Soir de Francis

Lune par Emri sur bonjourlechat.fr

Kurkdjian, qui a fait un pas de plus vers l’excès de sensualisme. Les chats ont pour moi une odeur légèrement poudrée, la même odeur que je retrouve dans ce parfum, et vu ma dévotion sans limite pour ces animaux, je ne m’étonne pas de l’effet délirant qu’il produit sur moi. Tout dans cette création me renvoie à mon amour pour ces petits félins. L’aspect mystérieux de son aura chaude me fait penser à leur regard impénétrable, le silence qui semble se faire autour de nous lorsqu’on le sent m’évoque le (non) bruit que font leurs coussinets lorsqu’ils marchent, sa lumière dorée me laisse imaginer la façon dont leur pelage chatoie à la lumière du soleil.

Très doux et tout en élasticité sur moi, ce parfum est indéniablement parmi les muscs, le plus bestial du genre musqué et il me ravit, moi qui aime l’excès et la débauche de notes animales. Mais quoi qu’on puisse en dire, MKK n’a rien de sale dans ma perception, il n’est ni vulgaire, ni répugnant et ne m’évoque que des choses que j’aime : la chaleur, la peau et les chats.

MKK est une potion de transformation qui me fait devenir chatte et m’expose à la vie délicieuse des chats, une vie remplie de nonchalance, de caresses, d’acrobaties improbables dans les branches, de jeux stupides et ravissants… C’est décidé, je me réincarne en chat.

4 commentaires

  1. http://www.youtube.com/watch?v=vgZm8okgH6c Oui! Samantha Fox! 😀
    “post-coital” est l’adjectif le plus juste que j’ai pu lire pour MKK. Fictivement, sortir du lit tout imprégné de l’odeur de l’autre.

    Avec MKK, quand on l’aime, oui il séduit son porteur, par contre je ne sais pas son impact sur l’entourage?
    Je ne l’ai jamais porté, il me rappelle ma propre odeur quand je suis sale *parfois*, j’aurais l’impression un peu honteuse d’avoir besoin d’une douche ; à l’essayer, peut-être que je constaterai pour de bon s’il sublime les odeurs de sale, ou pas.

    Côté “ambrette”, as-tu essayé le no18 de Chanel? Un des rares parfums que je trouve féminin au sens où je me hasarderais peu à le porter, mais je me demande ce qu’il offre en terme d’évolution.

    Côté “odeur de slip sale”, il y a “Jules” de Dior (un peu atténué, j’ai ouï-dire, actuellement) ou “gold for men” d’Amouage. MKK n’est pas tant dans cette catégorie, oui il est souple et félin, mais au portée je le mettrais dans cette catégorie : non pas que je les trouve “sale”, mais j’aurais peur d’être impudique, ils visent vraiment au dessous de la ceinture 😉

    1. Bonsoir Julien,
      Ecoute, je ne sais pas comment il pourrait évoluer sur ta peau mais sur moi, même si les premières minutes sont un peu particulières, il fond littéralement sur la peau et lui apporte son aura dorée si particulière. Je ne me suis pas du tout sentie “sale” en le portant, surtout qu’il a tendance à se vaniller et se poudrer légèrement, mais plutôt sensuelle et féline donc.

  2. Je trouve que ma chatte sent le bebe, son poil est soyeux, elle est si douce, feminine, intuitive et intelligente. Je pourrais passer des heures a la sentir, la regarder et la prendre dans mes bras mais evidemment ca l’ennerve et elle prefere jouer avec mon mec ;-))

    Pour moi porter Muscs Koublai Khan c’est se pamer autour de notes qui me font penser aux parties genitales d’un homme qui vient de se doucher apres la baise…le luxe le plus decadent et sublime de la parfumerie!

    1. Emma,
      Je vous comprends aisément, je passe moi-même des heures parfois simplement à côté d’un chat pour l’observer et ne plus penser à rien…

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