Le mardi musqué – Réminiscence : Musc

Musc de Réminiscence

Je dois avouer que dans ma sélection de parfums pour cette série, je n’avais introduit le Musc de Réminiscence que parce qu’il me fallait 7 parfums et que je devais pouvoir les tester sans trop de difficultés. Je ne m’étais pas doutée un seul instant que je pourrais réellement être séduite par ce parfum, et j’aurais du être plus méfiante et surtout plus lucide : la plupart des parfums musqués cachent bien leur jeu.

Le Musc de Réminiscence fait partie de ceux-là. Sans déployer l’aspect sensuel de sa composition de matière très voyante, il s’ouvre sur une note douce d’ylang-ylang, à peine soutenue de quelques notes aromatiques pour la fraîcheur. Mais le propos de ce parfum n’est pas la fraîcheur mais bien le confort. Et il traduit cette sensation à la frontière entre le gustatif-gourmand et le poudré-sensuel. Lorsque je l’ai essayé la première fois, j’ai été radicalement surprise : je pensais avoir à faire à un musc très propre, plus proche du White Musk de The Body Shop que de la note croquante et un peu sale de Dzing ! de L’Artisan Parfumeur. Or, c’est bien à Dzing ! que cet opus de Réminiscence me fait penser. Bien que ce dernier n’aille pas fouiller dans l’univers chevalin et cuiré comme le fait celui de L’Artisan, on retrouve dans les deux parfums une note gourmande d’amandes caramélisées.

Et alors que Dzing ! la fait sortir comme un coup de fouet, à l’image des effluves de chouchous qui vous assaillent lorsque vous sortez du chapiteau, Musc de Réminiscence vous prend gentiment par la main et vous emmène sur un canapé couleur crème, vous propose du thé et un sachet de friandises achetées sur le marché ce matin. Les notes amandées sont soutenues grâce à un fond poudré par les muscs et la coumarine, mais aussi ambré, dans lequel le labdanum insuffle son caractère baumé et animal. Mais ce parfum offre alors une sensualité toute en sourdine, qui semble presque s’ignorer. Il ne s’agit pas de se faire remarquer, mais tout simplement de créer une situation de confort et de plénitude.

Lorsque je tente de me représenter visuellement des odeurs poudrées ou musquées, je m’imagine souvent une sorte de mare de coussins

Lit d'extérieur

très moelleux, cachée au fond du jardin par une journée d’été, dans laquelle je me jetterai (au ralenti, très important), avant de m’endormir pour faire la sieste. Ce parfum résume assez bien cette sensation : l’ylang évoque la brise chaude de l’après-midi qui vous apporte les effluves suaves des fleurs peuplant le jardin, tandis que les muscs propres et poudrés (galaxolide et ambrettolide vraisemblablement) figurent ce lit de coussins moelleux dans lequel vous oubliez le poids de votre corps dans une position paresseuse.

Sorti en 1970, la même année que le célèbre Patchouli, Musc de Réminiscence a gardé un caractère universel et intemporel, et propose une note propre, ronde, mais loin d’être trop classique ou ennuyeuse, car habilement relevée par la volupté de l’ylang, le gourmand de l’amande et la chaleur du labdanum.

8 commentaires

  1. Ah la la tu donnes trop envie !!!! L’image de la chute (au ralenti en effet, sinon c’est pas drole !!!) dans ce lit (je veux le même), ça fait trop plaisir !

    Je connais pas ce musc (en fait, je connais pas trop les Remininscence, même leur Patchouli je le connais pas trop, c’est dire). Mais alors l’image, là tu m’as achevé !

    Bon, c’est pas tout, mais j’ai un océan de coussins qui m’attend moi :p

    1. Jicky,
      J’avoue : moi non plus je le connaissais assez mal avant de le découvrir et je trouve que pour un musc vieux de 40 ans, il se défend bien, à considérer qu’il n’est pas été reformulé, ce qui me semble plausible. Il vaut vraiment le détour, même si j’ai un faible pour des muscs d’un autre type que je présenterai les jours prochains !

  2. J’adore aussi l’image des coussins, même si je ne suis pas très musc, ça me donne envie d’essayer… Tentatrice, va!

    à l’intro, je me réjouissait de cette semaine musquée, je vois que ça démarre bien! Et cette idée de paresse confirme ce que je pense: les parfums capiteux sont définitivement en amour avec l’été à laquelle leur langueur se prête si bien…

  3. Ce Musk est vraiment pour moi étiqueté “hyppie” dans son style, avec ce côté un peu biquette (costus ?), à la fois propre et sale, c’est ce qui est interessant.
    Concernant le doute sur la reformulation, je crois bien qu’il n’existe aucun parfum à ce jour qui n’ait pas été reformulé, surtout en quarante ans, et surtout si c’est un musk !!! La reformulation des parfums est continuelle, obligatoire, mais parfois aussi, heureusement, “transparente” !

    1. Jeanne,
      Je le trouve intéressant en effet pour son équilibre vraiment subtil entre propre et sale, même si pour moi la note sale venait plus du labdanum que d’un effet costus. Mais il faudra que je pense à le ressentir pour voir ! La reformulation, oui, je sais bien qu’elle est continuelle… Je me dis d’ailleurs que ça devient parfois indécent cette course ridicule à la sécurité, et c’est d’autant plus insoutenable que ça coûte une fortune aujourd’hui de faire un lancement de parfum… Quand on compte le nombre de lancements par an, il y a de quoi avoir peur. Je suis tout à fait compréhensive vis à vis des marques qui reformulent, même si parfois je suis dégoûtée de voir un parfum d’à peine 2 ou 3 ans être déjà reformulé… Va-t-on un jour devenir raisonnable … ?

  4. Bonjour,
    Peut-être pouvez vous m’aider?
    Je suis à la recherche d’un nouveau parfum musqué, frais, sans note sucrée et sans jasmin. J’aime for her de narciso Rodriguez mais je suis gêné par le jasmin… vous avez peut être des suggestions?
    Merci d’avance.
    Elise

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