Guerlain : Shalimar Parfum Initial

Shalimar Parfum Initial - Guerlain

Depuis la sortie de ce nouveau Guerlain, on a pu lire à droite à gauche, que Shalimar Initial était une monstruosité, un outrage fait à la mémoire de Jacques Guerlain, un énième flanker… Bref, un ratage complet, un parfum pour jeunes abruties incapables de porter autre chose que du sirop de fruits. Mais comme elles ont tout de même un portefeuille, il faut bien trouver un moyen de les attirer !

Eh bien, permettez-moi de vous dire qu’il n’en est rien. Il arrive un moment où casser du sucre sur le dos d’une marque parce que l’on aime pas ses choix en matière de ressources humaines ou en matière de stratégie financière, ça devient trop facile. Le négativisme comme philosophie de vie, personnellement, je ne trouve pas ça hyper constructif.

Shalimar Initial, quelle que soit l’origine de sa création, est à l’arrivée un parfum comme on en attendait depuis très longtemps chez Guerlain. Un parfum complexe, riche et dense, aussi sophistiqué que l’original, et surtout très Guerlain. Je ne sais pas en combien de temps ce parfum a été développé, je n’ai pas la formule sous les yeux, et franchement, je m’en fiche. Ce qui m’importe vraiment, c’est l’effet, c’est l’univers, et l’émotion qu’il procure.

Le départ étonnamment poudré par l’iris nous propulse d’entrée de jeu dans un univers raffiné et très féminin. Douceur, intimité et lumière tamisée. Une bougie parfumée brûle sur une petite table dans un coin de la pièce, un volume pris de la bibliothèque est resté ouvert sur la méridienne, quelqu’un est sorti chercher le thé. On voudrait ne pas sortir de cette ambiance rassurante, mais bientôt il sera l’heure d’aller se préparer pour la soirée, de se parer de ses atours aguicheurs et séducteurs. C’est ce que suggère le fond du parfum, qui après un coeur de rose centifolia nimbée de poudre, s’ouvre sur un accord fève tonka – vanilline des plus savoureux et des plus enjôleurs. Cet accord évoluera au fil des heures pour donner une sensation biscuitée – sablée (avec une pointe de cannelle), très gourmande certes mais loin d’être liquoreuse ou sucrailleuse. D’autant que l’aspect sensuel et animal n’a pas été oublié. Il est moins marqué que dans Shalimar, mais bien présent : une douce sensation de fourrure et de volupté ronronne calmement sur la peau et s’exprime dans le sillage, tantôt par un murmure, tantôt par un clin d’oeil.

S’il est vrai que l’appellation Shalimar Initial est ennuyeuse, du fait que les jeunes générations risquent de le confondre avec l’original, ce parfum a, quoi que l’on puisse en dire, une réelle parenté avec le premier. J’ai découvert Shalimar Initial à l’aveugle, sans indication aucune et je lui ai trouvé très aisément une relation avec son aïeul. En prenant le temps de comparer côte à côte Shalimar EDT, Shalimar Extrait (en vintage, formulation années 80) et Shalimar Initial, je suis arrivée au constat que non seulement le lien existait, mais que c’était avec l’extrait qu’il était le plus évident. Certaines choses ont bien changé, et cela personne ne le nie, mais l’effet global reste le même. L’aspect gourmand a été modernisé (replacé à son époque, Shalimar avait un vrai aspect gourmand), la note animale a été légèrement adoucie pour donner plus de place aux fleurs et à l’iris. Bien que Thierry Wasser signe seul cette composition, Shalimar Initial donne vraiment la sensation d’un travail d’équipe, un travail qui m’est apparu soucieux et respectueux de l’héritage de la maison. Rondeur, volupté, sensualité, beauté et qualité des matières premières, guerlinade et esprit Guerlain, ce parfum est un vrai Guerlain, une bouffée d’air frais dans les sorties 2011 qui restent dans l’ensemble bien mornes.

Peut-être ce parfum n’est-il pas sorti au bon moment, peut-être que son goût d’opportunisme est trop marqué, peut-être qu’il sent trop “LVMH” ou que sa publicité donne trop la sensation de déjà-vu… Je n’en sais rien. Nous nous plaignons de voir les jeunes personnes se ruer sur les fruits rouges, les jus dégoulinants, vulgaires et tape-à-l’oeil (1 Million sort de ce corps !), mais quelles sont les autres opportunités proposées par les grandes marques ? Quels sont les parfums soutenus à grand renfort publicitaire aujourd’hui ? Ces jeunes, que l’on accuse de tout les maux (ils ont bon dos les jeunes !), ont-ils vraiment le choix ? En dépit du fait que pour moi Shalimar Initial ne fasse pas si jeune que cela, je suis heureuse de voir que l’on tente de cibler cette population avec un parfum de cette qualité, qui, s’il marche, méritera amplement son succès. Et je serais bien plus heureuse de croiser une jeune femme parfumée avec Shalimar Parfum Initial plutôt qu’avec L’air de Nina Ricci ou Parlez-moi d’Amour de Galliano ! Pas vous ?

Prenez le temps de comparer les deux parfums et de vous attarder avec un peu de recul sur Shalimar Initial, pour vous faire une réelle idée du travail de qualité qui a été fait sur ce lancement.

Cliquez ici pour lire l’avis de My Blue Hour.

40 commentaires

  1. Aaah !!!!

    Merci Nez Bavard !!!

    Quel coup de gueule ! J’aime ça !!!!
    Moi aussi j’ai beaucoup aimé SPI, que je trouve très bien construit, avec une vraie personnalité, et une odeur vraiment excellente ! (je m’exprime mal mais c’est pas grave ^^, je suis crevé !)

    Il a un côté brûlé je trouve, comme si on avait passé Shalimar, le vrai, au chalumeau, l’espace d’un instant. Puis la tenue est excellente !

    En fait, tu as résumé mon avis. Parce que j’étais un peu dégouté de lire l’article d’Octavian, parce que pour le coup, je l’ai vraiment beaucoup aimé !

    Merci en tout cas !

    Vive l’odorat !

    1. Ahahah, de rien Jicky.
      Bon, j’avais l’impression que c’était plutôt positif pour SPI, mais c’est aussi, j’avoue un petit côté ras le bol du “Guerlain ça pue, c’est plus ce que c’était, c’est l’ombre de lui même, aaaaaaaaaaaaaaaaaaah on va tous y rester”…
      Je te pardonne tes écrits approximatifs, ça arrive à des gens bien. 🙂
      Je suis d’accord avec le côté brûlé, moi j’aurais dit craquant ou croustillant (craquotant ?), ça revient sûrement au même…

  2. Merci pour ce coup de coeur, Nez Bavard !
    Retrouver un souffle d’objectivité est très agréable et votre descriptif donne très envie d’aller essayer ce PI.
    Les récentes créations intéressantes de Guerlain ont plutôt été réservées à des bourses bien garnies ou à des passionnés inconscients, ça fait de savoir qu’on ne sera pas obligé de nourrir nos enfants de patates pendant 3 mois pour compenser notre dévorante passion 🙂

    1. Géraldine, j’adore vos commentaires, ils me font toujours bien rigoler… Vous me direz ce que vous pensez de Shalimar Parfum Initial quand vous l’aurez senti!

  3. J’ai pas encore senti “shalimar parfum initial”
    1) Comme Jicky, ton billet m’a fait tout de suite penser à la diatribe d’Octavian Coifan. Vous tombez diamétralement en désaccord. Octavian et toi suivez le même protocole (finir par comparer côte-à-côte le flanker avec l’extrait original). Si Octavian rejette le flanker, condamne Guerlain, et critique le dévoiement de la vision artistique de Shalimar, à l’opposé tu rêves sur “parfum initial”, donne un bon point très encourageant à Guerlain, et confirme la paternité avec l’original.
    2) D’ordinaire ce genre d’opposition se solde dans les commentaires par un “ohlàlà-làlà, encore une preuve de la subjectivité des parfums”, mais je trouve ce lieu-commun chiant, c’est plat ça noie le poisson et clôt les débats.
    3) La seconde réaction est souvent un vent de théorie du complot. “Machin serait copain avec Guerlain?”. Par exemple, quand des blogueurs et toi avez été invité à l’inauguration de “la traversé du bosphore”, on a vu fleurir ça et là des commentaires de méfiance (même en englais sur des topics différents), avec des sous-entendu malveillants de corruption. [le parfum = milieu 85% féminin = *parfois* son lot de connasses, d’excès de superficialité, de jalousie, de petite perfidies, commérage, règlement de compte dans le dos] Je me suis fait mon avis. “Traversée du bosphore” sent bon, et il n’est pas évident de se prendre d’affection à un parfum en quelque jour, et prendre du recul pour écrire un billet. D’ailleurs, histoire d’invitation de blogueur, ici on peut penser que Octavian rumine sa non invitation jadis chez Delacourte, puis la censure de son blog par un sombre salarié guerlain…
    Bref c’est pas intéressant de chercher les raisons des désaccords sur le terrain de l’honnêteté des blogueurs.
    3bis) Je suis parfois très très sceptique quand Octavain ou “le critique de parfum” s’enthousiasment pour flacon dont j’aurais plutôt pensé “voilà un sous-parfum de sous-marque inconnue”. Sceptique sur le traditionnel quel merveille/quelle honte sur tel Guerlain ou tel Lutens. C’est intéressant. Je fais mon tris dans les arguments.
    4) Je trouve intéressant de garder tous les éléments de réflexions en suspension, et de me garder de tout jugement définitif. D’ailleurs ce n’est pas intéressant de savoir qui de toi ou Octavian a raison, cela ferait “tempête dans un verre d’eau”. J’aime vos blogs et leur personnalité, avec leur personnalités différentes. Je me range souvent plutôt du côté de la personne qui a aimé, curiosité-émerveillement-surprise, celle-là a souvent des arguments plus intéressants.
    Pour Guerlain je suis content que quelqu’un sorte du rang pour donner un bon point. De mon côté je ne sais pas si Guerlain c’est bien ou pas bien. Ce n’est pas “la meilleure marque”. Les classiques s’esquintent toujours un peu plus (IFRA et économies). Parfois cher. Mais ils peuvent encore nous procurer beaucoup de joie et de surprise, à défaut d’atteindre les cimes de jadis.
    5) La solution à “qui à raison” doit se situer sur le terrain de la dichotomie entre “le plaisir-curiosité” et “le sérieux-cynisme”. Un parfum qui fait plaisir à quelqu’un a déjà une qualité.
    Lors d’une sorties avec des amies germanophones, 2 d’entre elles ont pointé des “mauvais” parfums. Très mal aimé par les commentateurs. “Oh celui-là je le connais qu’est-ce qu’il sent bon”, et me regardant comme pour demander “tu es d’accord, hein?”. J’ai gardé mon avis, j’ai souri, je n’ai rien dit, j’ai sentis le flacon à l’obturateur en me demandant quel ange mes amies avait pu voir dans ce jus lessiviel. Tout d’un coup, “avoir raison” n’était plus avoir raison. Ce qui comptais c’était leur enthousiasme, ne pas leur faire de la peine, je pourrais plus tard leur faire sentir des parfums encore meilleur. Et cela me ferait de la peine qu’un prétendu connaisseur se permette un jugement de valeur sur mes amies à partir de leurs seuls goût en matière de parfum.
    Alors un peu de légèreté. Que le parfum reste ce plaisir léger, et si profond à la fois.

    II/ Par hasard, je ressentais Shalimar hier. EDT et extrait actuel. Appliquer à même la peau fait toute la différence, le parfum se libère lentement, le nez n’est pas mis au tapis d’un coup de point. Doux, solaire, friand, Shalimar est très beau, très agréable. On peut soupçonner la bergamotte d’être moins brillante (les photosensibilisants ont été ôté ; peut-être aussi une bergamotte moins cher), le parfum est orienté sur sa facette ambré si gourmande qu’elle est presque épicé (l’autre nom de l’opoponax est “myrrhe sucrée/douce”), et beaucoup moins de civette, pour les goûts du jour. Moins de contraste, moins d’impact artistique, moins d’évolution et de paysage, mais tout de même bigrement bon. Auparavant encore, mon dernier avis sur Shalimar c’était que la version actuel n’est plus qu’un machin lourdingue.

    P.S.: Avec de tel message aussi long, je ne sais jamais si je saoule l’auteur du blog, ou si la personne est contente qu’un débat s’instaure sur son blog à lui, et pas ailleurs. Les commentaires d’un blog sont moins pratique qu’un forum pour discuter à plusieurs, en tant que lecteur je ne laisse mon commentaire que sur un blog ce qui laisse peu d’écho, et si j’ouvre un blog on se retrouve dans le même contexte où on a du mal à réunir tous les commentaires au même endroit. Tant pis… 😀

    1. J’aime beaucoup vos commentaires Julien (si je peux me permettre cette réduction de pseudonyme…). Dès que je tombe dessus, je les dévore.

      Et là, je suis particulièrement d’accord avec vous ! Il ne faut pas chercher à savoir qui a raison qui a tort. Ni tomber dans le “subjectif”. Octavian a un côté très radical qui est somme toute plaisant à lire (je me suis éclaté avec sa critique de Cartier de Lune, drôle à souhait, même si je ne suis pas 100% d’accord).

      Quant au SPI, j’aime tout chez lui (sauf la pub perso, j’ai du mal avec le “on fout le mannequin à poil !”. Autant j’aime celle de Shalimar, là j’aime moins).

      Puis pour votre intervention sur le parfum et vos amies, j’avoue je suis confronté trop souvent à ça (en tant que lycéen). Ya des filles supers sympas et tout, je les adore, mais elles portent J’Adore, Nina, ou AmorAmor ! Perso ça me saoule… Mais bon, je me retiens, et je prie votre psaume “Tout d’un coup, « avoir raison » n’était plus avoir raison. Ce qui comptais c’était leur enthousiasme, ne pas leur faire de la peine, je pourrais plus tard leur faire sentir des parfums encore meilleur.”

      Enfin voila, je suis content et tout !

      Vive l’odorat !

    2. Bon, en fait, je vais répondre rapidement, pour répondre plus longuement après. Je suis un peu comme Jicky, j’apprécie beaucoup tes commentaires car il y a toujours matière à rebondir et à discuter. Et comme j’aimerais y répondre tranquillement, et bien je le ferai au moment venu ! Tout ça pour dire que non, tes commentaires ne sont pas ennuyeux !

  4. Un immense merci!

    Même si je ne me fais pas d’illusions sur les reformulations et les stratégies marketing des grandes marques, je commence à saturer avec le discours “c’était mieux avant”…je ne suis pas une ado accro à one million et autres sirops, et j’ai eu un énorme coup de coeur pour ce Shalimar initial (je précise que je porte déjà le Shalimar original).

    Outre une réelle filiation dans les notes de fond, celles qui restent sur la peau après quelques heures (sur moi l’aspect baumé, légèrement cuir), il me semble que Shalimar initial se montre très respectueux de l’esprit Shalimar grâce à sa très belle façon d’évoluer : Shalimar, pour moi, c’est ça, cette richesse, cette mouvance, cette manière de nous surprendre au fil des heures et d’aller chercher l’unique chez la personne qui le porte….Parfum initial est pour moi comme un rêve de Shalimar, ce parfum me touche profondément.

    J’ajoute, comme cela a déjà été souligné, que proposer un très beau jus à moins de 100 euros les 100 ml, ça aussi c’est une manière de respecter le consommateur…

    1. Bonjour Doudou,
      je suis d’accord avec votre interprétation de Shalimar Initial, c’est une sorte de rêve, une idée que l’on s’en fait, et je pense d’ailleurs que c’est comme cela qu’il faut l’aborder. Plus que de chercher à établir un lien technique, presque scientifique entre les deux parfums, il faut porter un regard de profane, ou en tout cas un regard neutre, pour l’apprécier à sa juste valeur et le découvrir réellement.

  5. je suis aussid ‘accord avec vous juliette, et les autres,
    on peut trouver cela énervant de capitaliser sur le nom de shalimar, ok. On peut plus ou moins aimer le style du parfum mais on ne peut lui enlever la qualité des matières premières d’une part, et rien que pour ça certaines critiques sont injustes, d’autre part, par rapport à ce qui est proposé en maintsream aux jeunes filles justement, et bien ce parfum est quand même nettemlent au dessus de la moyenne, non? c’est quand même autre chose que miss dior chérie, je suis désolée!

  6. J’avais toujours été ennuyée par les larmes répandues au son du tambour “c’était mieux avant”… Jusqu’au moment où je tombe amoureuse de trois parfums Guerlain (Shalimar, Mitsouko, Attrape-coeur) et que je découvre la merveille fleurie-poudrée qu’était Chanel n°5 en extrait.

    Maintenant je suis très fâchée. C’est plus fort que moi. On massacre, on pervertit les formules, on baisse la qualité et les coûts des matières employées – mais on hausse les prix, bien sur !
    La stratégie de Guerlain m’énerve – mais au même temps j’aime cette maison comme aucune d’autre.
    Maintenant, après votre billet, je suis très curieuse d’essayer PI – avec Shalimar, on s’aime, beaucoup, et toute parenté vaut bien un détour de ma part.
    Idylle, j’ai trouvé affreux, mais j’ai une aversion toute particulière pour ces muscs blancs à la For Her, qui sentent cheap, propret…et agressif.

    J’ai aimé votre article, mais je n’ai pas trop compris finalement le début et le cœur de PI, à quoi ca ressemble.
    Excusez-moi pour le français – évidemment, je ne suis pas francophone!

    1. Bonjour Zazie,

      Votre ennui et votre colère sont compréhensibles, et surtout, sont partagés. Nous sommes tous déçus de ces reformulations à tour de bras, de ces massacres irrespectueux de notre patrimoine… Ce débat fait rage depuis déjà quelques années sur la blogosphère, et je pense qu’il est intarissable.
      Shalimar Parfum Initial saura vous séduire ou ne saura pas… Vous nous direz !
      La construction, pour simplifier, ressemble à peu près à cela : un départ très iris – bergamote et un peu lavande, puis un coeur rose – jasmin doux et enfin un fond très fève tonka – vanilline – muscs blancs accompagnés d’une petite note “biscuité – sablé” pour l’aspect gourmand.

  7. Quelle belle surprise! J’ai craqué et il y a bien longtemps que cela ne m’était pas arrivée pour une nouveauté. Je lui trouve certes une parenté avec Shalimar (qui pourtant n’est pas pour moi – Je l’aime bcp sur les autres) mais aussi avec l’heure bleue. Est-ce l’iris? en tous cas c’est un vrai Guerlain. Moins oriental, plus poudré que Shalimar. Peut-être aurait-il fallu lui donner un autre nom mais le flacon dérivé de celui de Shalimar est si joli! Une réussite.

  8. Bonjour,
    Si effectivement le parfum est réussi, on peut aussi penser qu’il est un peu sacrilège et dommage de voir se décliner un mythe comme Shalimar en d’autres nom…. Derrière Shalimar, il ne devrait rien y avoir d’autre écrit. Shalimar c’est Shalimar. Sinon on dit que l’on crée autre chose, et on assume. C’est comme si on rajoutait une note différente à un grand vin Pétrus par exemple et qu’on l’appelait Pétrus Fraicheur, ou mon Premier Pétrus. Ou bien une sonate de Mozart débarrassée de tous les passages difficiles que l’on appellerait “Sonate Light”… Non, cela n’est pas digne du respect que l’on doit aux grandes oeuvres. Et effectivement on imagine bien qu’il est plus facile de vendre un “Shalimar quelque chose” plutôt que de convaincre avec un nouveau parfum. Alors sans juger la qualité du jus, on peut juste s’inquiéter voire être choqué qu’un tel monument soit aujourd’hui décliné. C’est par essence impossible. Et même si l’on pense marketing, je trouve que cela banalise le jus d’origine qui devient un parfum comme les autres. Shalimar n’est pas un parfum comme les autres, et Guerlain ne doit pas être un parfumeur comme les autres…
    Tout ceci nous ramène à l’image de Guerlain. Cette nouvelle image incarnée par Thierry Wasser me désole. Sauf le respect que l’on doit, je trouve que l’image que donne le nouveau nez de Guerlain est désastreuse de suffisance. Il n’y a qu’à aller voir sur le site officiel de la Maison la vidéo de Thierry Wasser expliquer comment lui ai venu l’idée de ce parfum “Shalimar Initial” : vous verrez un homme d’une extrême suffisance, totalement snob, froid et qui sonne “faux”. Je ne sais pas si ce Monsieur est comme ça dans la vie, et je ne lui souhaite pas. Cependant si ce n’est pas le cas, il faudrait je trouve qu’il travaille sa communication. L’élégance ce n’est pas ça, ce n’est pas cet air de fausse noblesse suffisante qui manque malheureusement cruellement de générosité, de gentillesse et d’humanité, et qui est boursouflée de prétention. En espérant que tout ceci n’est qu’une apparence…. Mais une apparence en tout cas désastreuse pour la marque.
    Donnez moi vos avis svp !

    1. Bonjour Orphée,
      On a en effet déjà pu évoquer l’agacement que peut représenter la reprise du nom “Shalimar”. Il est vrai que les équipes de Guerlain auraient pu choisir de créer une vraie nouvelle référence avec un nouveau nom. Mais dans ce cas, comment justifier le lien olfactif entre les 2 ? Je ne suis pas sûre que le public aurait très bien accueillit ce jus si Guerlain n’avait pas évoqué l’original. En revanche, nous sommes d’accord, il s’agit ici de recruter des clientes plus jeunes, qui pourraient avoir du mal à appréhender Shalimar aujourd’hui, avec l’intention, bien sûr, qu’elles se tournent vers Shalimar par la suite.
      Je ne jugerai pas tellement les choix marketing de la maison Guerlain, que je ne partage pas toujours, mais qui répondent à une pression qui lui est imposée de toute façon. Et ce problème dépasse celui de la maison Guerlain elle-même. Quand à l’image de Guerlain et celle que véhicule Thierry Wasser, je serai sûrement moins dure que vous. J’ai regardé la vidéo dont vous avez parlé, et même si la tenue de Thierry Wasser dans la vidéo aurait pu être un peu moins “décontractée”, je ne le trouve pas pour autant désinvolte ou suffisant. Il explique bien la manière dont il a abordé ce parfum (l’idée de départ avec sa filleule… bon, honnêtement, que ce soit vrai ou pas, là n’est pas l’important, il fallait un prétexte), et la façon dont il a voulu donner à Shalimar une conception plus moderne.
      Je partage vos inquiétudes vis-à-vis de la déclinaison des grands Guerlain, mais je vous avoue que je n’ai pas envie de rentrer dans ce débat-là. Je ne souhaite pas remettre sur le tapis le désastre que représentent les reformulations des vieux Guerlain, je ne souhaite pas revenir sur les choix financiers, marketing et de communication entrepris par la maison. Ils peuvent être décevants, mais où serait l’entreprise aujourd’hui sans ceux-ci ? Je ne les cautionne pas, attention, mais Guerlain s’est retrouvé un jour dans une situation comparable à celle de Caron aujourd’hui, qui représentait, souvenons-nous en, le fleuron de la parfumerie française avec Guerlain. La maison Caron semble s’engouffrer inexorablement vers l’oubli, et personnellement, ça m’ennuie beaucoup. Je regrette cette nécessité de constamment devoir faire de la nouveauté pour être visible, mais qu’on le veuille ou non, c’est ainsi que fonctionne l’industrie du parfum aujourd’hui. Et je le déplore autant que vous. Pour moi, le seul moyen d’y remédier, c’est de voter avec votre porte-feuille, puisqu’il n’y a que ce langage que comprennent les dirigeants des grands groupes de luxe aujourd’hui.

  9. Pour une fois, même moi qui avait détesté Wasser pour la platitude absolue d’Idyle qui me semble une insulte à Guerlain (pourtant j’aime le muguet…) je suis à peu près d’accord.
    Je trouve que ça manque encore un peu de caractère mais comparé au Shalimar eau de toilette actuel, c’est une merveille, enfin un peu de retour de guerlinade dans du Guerlain.
    J’ai beau comprendre le point de vue d’Orphée, puisqu’ils sont incapables de nous faire une eau de toilette “Shalimar” rappelant un peu les ingrédients de l’original, je ne peux que me réjouir qu’une de ses déclinaisons au moins le fasse un peu.
    C’est moins bien (sans doute car je ne suis pas assez vieux pour le dire) que l’original mais c’est nettement “moins pire” que la version actuelle…
    Même si ça peut légitimement sembler triste à Orphée (et à d’autres).

  10. Bonjour!

    tout d’abord je ne suis pas une experte en parfum comme vos lecteurs habitels, juste une fan de shalimar depuis mes 16 ans (et oui, il y des jeunes qui portent shalimar même si maintenant je n’en suis plus à 27 ans 😉

    Juste une question car vous parlez de la reformulation de Shalimar: effectivement, je n’aime pas l’eau de toilette qui vire trop vite mais l’eau de parfum est OK. Existe-t-il une formulation plus concentrée plus proche de l’original, ou avez vous simplement en votre possession une bouteille de l’ancienne version en extrait? merci pour cette précision!

    Et j’ai testé ‘Shalimar Parfum Initial’ en me demandant justement s’il était plus proche de l’ancienne version? je l’ai trouvé agréable, il m’a fait pensé à ce que j’aime dans ‘l’heure bleue’, que je n’achète pas parce que l’odeur de papier d’arménie devient trop insistante à la longue. SPI ne laisse pas cette impression déplaisante donc je l’acheterai pê pour remplacer ‘l’heure bleue’. Mais il n’a pas le côté osé et sensuel de shalimar.

    Merci pour votre blog tres informatif.

    cordialement.
    Melanie.

    1. Bonjour Mélanie,

      Il se trouve que j’ai en ma possession un petit flacon de 2,5 ml de Shalimar en extrait vintage. Juste de quoi faire une petite comparaison donc!
      Je comprends que l’aspect animal de Shalimar vous manque dans SPI, mais je pense qu’il propose une version intéressante peut-être un peu plus facile à porter lorsque l’on a pas encore eu l’occasion de s’approprier Shalimar.

  11. Bonjour,
    Je voulais vous remercier. Cet article me rassure et me plait. Il est plein de vérités et totalement honnête !!
    J’ai 18 ans et depuis 4 ans je porte Coco Mademoiselle … Je n’avais jamais trouvé un tel parfum depuis, un parfum si envoutant! Je m’imagine une soirée des années 20, une robe de velours… Gabrielle a Deauville…
    Un parfum d’une classe rare ! Quand je vois, ou plutôt sens les horreurs que l’on nous propose aujourd’hui… Des parfums agressifs, sans fond, sans histoire… Je me réjouis que des nez réussissent encore à faire de tels bijoux !

    1. Bonjour Ines et merci pour votre réponse. Votre commentaire me rassure moi aussi, puisque vous témoignez vous-même de l’erreur que font les industriels en s’acharnant à présenter des sirops de fruits insipides qui sont sensés plaire aux jeunes générations.
      J’espère que vous trouverez votre bonheur avec Shalimar Initial !

  12. Rebonjour, je viens d’essayer et j’aime bien, alors que je n’aime pas trop Shalimar sur moi, encore moins l’EDT qui sent l’officine sur moi! J’aime moins le départ agrumé, mais la suite me plaît énormément et suggère pour moi une belle femme en robe de soirée, cheveux libres et simple et sensuelle et classe. Je sens les notes poudrées, vanillées, tout ceci est très sensuel.

    En passant, j’ai hâte de vous lire à propos de Candy, de Prada. Le succès de ce parfum est vraiment un équilibre à mon sens entre le caramel extrême du départ, tempéré par les muscs blancs et au final, je sens une petite note d’iris. La tenue est excellente, comme je n’ai pas trouvé depuis longtemps sur le marché.

    1. Bonjour Sophie,
      Il est vrai que la version actuelle de l’EDT de Shalimar n’est pas très agréable comparé à ce qu’elle a pu être par le passé. Ce Shalimar Initial a un départ très lavandé et surtout très iris-poudré pour moi. Vous avez raison, il évoque beaucoup de sensualité, et il est très “Guerlain” pour moi, une vraie bonne surprise.
      A propos de Candy, je note votre remarque, je dois avouer que j’avais été déçue au départ de trouver un parfum aussi sucré dans cette marque, mais je suis forcée de reconnaître qu’il est très bon… J’en parlerai probablement dans un prochain article…

  13. Mystère de l’informatique : j’ai été interrompue.
    Bon, je voulais dire que Shalimar parfum initial laisse une odeur de produits chimiques qui s’apparente plus à un déodorant ménager qu’à un réel parfum. Je ne comprends pas pourquoi on l’a appelé Shalimar.
    Autre chose : je trouve navrant que l’on ne cesse de créer de nouveaux parfums.
    Décidemment je préfère de loin les anciens : Jicky – L’Heure bleue – Shalimar sont indétrônables.

    1. Bonjour Béatrice,

      Peut-être n’avez vous pas laissé à SPI sa chance de vous séduire? Car honnêtement, c’est vraiment un très bon parfum, le parfumeur et les équipes d’évaluation ont apporté un grand soin aux choix des matières, et cela se ressent énormément dans le sillage, la tenue, et le développement sur la peau.
      En revanche, je suis d’accord avec vous, le nombre de lancement annuel est vraiment navrant…

  14. Voyez-vous, pour ma part, Shalimar EDT sent vraiment l’officine, le produit pharmaceutique sur moi…je suis incapable de le porter. Je m’essaie de temps à autre, à réessayer l’EDP, EDT…ainsi, je trouve plusieurs parfums anciens chez Guerlain absolument intéressants, comme Mitsouko, Chamade, mais difficiles à porter à notre époque. J’adore les parfums complexes, rares, originaux, typés comme Amazone d’Hermès, ou bien encore Panthère de Cartier, Coco que je porte parfois; ceci dit je les porte difficilement dans la vie de tous les jours, hormis ceux d’Annick Goutal, plus récents mais intemporels, surtout Petite Chérie que j’ai porté très longtemps…

    J’aime ce Shalimar Parfum initial. Il est terriblement sensuel et oui, Poivre bleu, quelque chose se passe, une magie, une sublimation…Encore une question de chimie…

  15. @Béatrice : je crois que les temps ont changé, nos contemporaines ne portent plus le même parfum à la vie à la mort. Les femmes aiment porter un parfum selon l’humeur de l’instant, les circonstances, leurs vêtements, et ainsi de suite. Mais je comprends votre idée de fond, vous avez peut-être l’impression que la qualité se perd dans la quantité confondue et confondante de nouveaux produits, si nombreux qu’on si perd, ce qui vient banaliser, mercantiliser le geste de se parfumer, si précieux, si rare. Je sens que c’est ce que vous voulez exprimer quand vous dites que vous préférez les anciens.

  16. quel bonheur d’ avoir recraqué pour un parfum!!!!!!! celà ne m’était pas arrivé depuis longtemps…. je l’ai découvert par hasard .merci a GUERLAIN d’avoir ressorti ces senteurs inoubliables mais cependant plus douces .une vraie réussite .BRAVO

  17. Juste, j’ai tout juste 18 ans et je porte ce parfum. J’assume le côté vieillot que me reproche mon entourage. Quand je l’ai senti la première fois j’en suis devenue accro.
    Merci Guerlain de ton grand art

    1. Manon,
      rassure-toi, je ne pense pas que ton parfum ait un côté vieillot. Le plus important c’est que le parfum que tu portes te plaise à toi ! Et si je devais donner mon avis, je dirais que tu as très bon goût !

  18. Je ne suis pas experte es parfums mais une grande amatrice. J’ai toujours aimé Shalimar mais sa version originale tourne mal sur ma peau. J’adore l’utilisation de l’Iris pour créer cet univers poudré, rafinné, qui sent la peau propre lavée au savon et la poudre de riz d’antan dans Initial. Je ne trouve pas ce jus spécifiquement abordable par les plus jeunes: mes nièces n’en raffolent pas du tout et lui préfère des CK One Shock ou encore Miss Chérie.
    Je lui reprocherai une seule chose, à ce parfum: son peu de tenue, comparé à des Serge Lutens ou Artisan Parfumeur: passé 6 heures, je n’ai pas l’ombre d’une odeur.

  19. Certes, Poivrebleu mais… il n’a pas la “trempe” du Shalimar d’origine. Shalimar fait partie de ces rares parfum qu’il faut vraiment pouvoir “porter” ce qui fait partie de son charme. L’Initial est différent, il est plus facile, plus “portable” mais aussi plus “évaporable” lol.
    Perso amoureuse de Shalimar depuis très longtemps déjà, il n’y a qu’un Shalimar ! et celui là il vous colle à la peau.
    Je viens de le redécouvrir et aujourd’hui où tout est éphémére ça me fait un bien fou de sentir mon parfum jusqu’au soir.
    Entre les remake, les rééditions modifiées, les …. à croire qu’en 2012 il n’y a plus de créativité.

    PS : ravie d’avoir découvert ton blog

  20. Pour en revenir à Shalimar Initial. Votre défense me semble un peu télécommandée. Moi, je porte (portais) ce parfum depuis 1965… En 1978 il a changé radicalement. Depuis il reste artificiel, c’est à dire mort. La différence entre une odeur de vraie fraise qui vous fait saliver et un médicament au goût de fraise…
    Je ne le vaporise plus que sur le bas de mes vêtements, ou sur mes pulls sous les bras… Ode à la vanille est inoffensif. Mais Shalimar Initial est terrible parce que l’odeur ne disparaît pas. j’en ai mis sur le bas d’un pull et il y est encore après plus de trois semaines! Et s’est transformé en odeur peu ragoutante de sécrétion peut-être est-ce la civette??? Bref c’est comme une sorte de vampire qui refuse de disparaître et survit malgré la lumière sous une forme hideuse… Très triste, Shalimar était un enchantement. et je trouve scandaleux que Guerlain contrôle la vente de ce qui reste encore de flacons anciens.

  21. Apres avoir mis chance de chanel et insolence de guerlain pendant quelques années, je ne savais plus que prendre comme parfum et je suis tombée par hasard sur Shalimar Parfum initial. Perso je n’ai jamais aimé le parfum Shalimar et la premiere fois que j’ai senti SPI je me suis dit “bof” mais à chaque fois que je le ressentais il a commencé à me plaire de plus en plus au point de l’acheter hier 😛 Je l’ai mis sur moi hier aprem et ce matin j’ai encore l’odeur sur moi, c’est incroyable!

  22. bonjour,
    Je suis âgée de 62 ans. pour la 2ème fois, j’ai racheté ” shalimar parfum initial” de Guerlain. Celà m’a ainsi réconciliée avec l’original Shalimar que ma peau ne voulait pas magnifier. La publicité et les commentaires des puristes laissent entendre -soit que ce parfum s’adresse aux jeunes femmes de ce xxi ème siècle- soit qu’ il est une indignité faite à Shalimar original.
    Dans l’impossibilité de trancher entre les différents points de vue, je peux juste aujourd’hui affirmer le bonheur de porter sur moi la merveille enveloppante, poudrée, fleurie pas trop, sophistiquée, et pourtant si aérienne et si insaississable de sa longue trace olfactive.
    Entre Shalimar d’origine (si tant est que celà soit encore trouvable) dégageant sur ma peau une ignoble odeur de pharmacie, et ce jus rajeuni, aucune comparaison.
    celà me conduit à envisager l’angle de la subjectivité et par dessus tout l’angle de la chimie de la peau, rencontrant la chimie d’une élaboration parfumée.
    Donc, le PARFUM conservera toujours son mystère ,et ce qui sera magique pour vous sera ignoble pour moi, et vice-versa.

    En tant qu’amoureuse de parfums rares et complexes, je me permets de considérer que “parfum initial Shalimar”, est une merveille d’équilibre, de raffinement et …de classe totale………..sur ma peau. Et, sur celle des autres, ……………….je ne puis savoir.

    1. Bonjour Anna,

      Oui le parfum est subjectif et la peau joue un rôle important dans la façon dont celui-ci va s’exprimer…
      Il y a eu en effet de nombreux débats à propos de SPI et de Shalimar l’Original. Je garde pour ma part mon opinion de départ qui est de dire que SPI est vraiment un très bon parfum, fait de belles matières et très joliment exécuté. La comparaison avec l’original n’est pas fondamentalement nécessaire pour moi, d’autant plus que pour se faire un réel avis, il faudrait mettre la version d’origine de Shalimar en face.

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