Le Nez Bavard

de Poivrebleu

Soirée des lecteurs du 30 novembre 2010 : le compte-rendu !

Aurélie, Juliette, Constance, Sophie et le Pacha Thierry - Photo : Irina Raza

Il était une fois, 3 amoureux du parfum, qui un jour, décidèrent d’ouvrir un blog pour parler de leur passion… Quelques années plus tard, ils se retrouvaient, devenus amis, dans la salle des Ateliers Parfums Thierry Mugler, regardant l’Opéra du coin de l’oeil en train de papoter sur l’éventualité d’un évènement autour des bloggeurs. Parler de parfum ? Ecrire tout le temps ? Composer ? Faire partager leur passion et leur expérience ? Rencontrer leurs lecteurs ? Rencontrer leurs lecteurs ?!! Plutôt deux fois qu’une ! De fil en aiguille, ce projet qui pouvait sembler irréel est devenu bien concret et bien palpable lorsque nos premiers lecteurs se sont inscrits pour participer à cette soirée qui leur était dédiée. Le but était simple, parler de nous pour animer cette soirée, parler de nos goûts olfactifs sur les grands archétypes de la parfumerie, et surtout partager, découvrir ensemble des choses connues ou inconnues.

Le jour J, que d’émotion et d’excitation ! On se pose des questions farfelues : Et si personne ne vient ? Et si on est mauvais ? Et si tout se renverse ? Tout ceci est si nouveau pour nous qui ne sommes finalement que d’humbles amateurs de parfums… Au fur et à mesure que les invités s’installent, que les langues se délient et que les premiers accords fusent, l’atmosphère se fait plus douce, la simplicité et le dialogue s’installent.

– “C’est quoi celui-là ? Je le connais !”

– “Tu trouves pas qu’il a un air de Dior Homme ?”

– “Vous avez deviné ? ”

– “Eau Noire !”

Avec ces portraits olfactifs autour des Accords Mythiques, nous avons voulu vous donner l’occasion de mieux nous connaître, de nous questionner par rapport à nos choix, et de passer un moment agréable pour mettre enfin des visages sur des noms. Mais surtout, nous avons voulu nous donner l’opportunité d’avoir un vrai retour sur notre activité quelque peu “impalpable” qu’est l’écriture d’un blog, d’engager un dialogue avec notre lectorat et d’apporter du concret à cette passion débordante qu’est l’amour des parfums… Car, il est bien une vérité universelle admise de tous : rien ne remplacera jamais le fait de sentir…

Les lecteurs - Photo : Irina Raza

Pour revivre cette soirée (pour ceux qui ont pu venir), ou pour la vivre en partie (pour ceux qui viendront la prochaine fois) : vous retrouverez sur nos blogs respectifs, dans un format que vous commencez à connaître, le compte-rendu en 3 parties, chaque bloggeur reprenant et argumentant ses choix autours des accords tirés du coffret d’Osmoz Les Accords Mythiques. La suite ICI et LA.

1 – Hespéridé : Lux de Mona Di Orio. Un parfum qui rend hommage au grand monsieur de cette famille : le citron. Un citron puissant, acide, acidulé, renforcé de notes de petitgrain et de litsea cubeba. Il sera tiré dans le coeur par le cèdre et le vétiver, et même si le fond se fait plus baumé (vanille – benjoin), j’aime dans ce parfum la longévité de la note acide de ce citron comme un dynamisant permanent.

2 – Aromatique : Eau Noire de Christian Dior. Certainement la famille dont je suis la plus admirative. Spirituelle, mystique et mythique, il lui fallait un parfum à sa hauteur : Eau Noire avec sa présence démesurée et presque oppressante d’aromates en épaisses touffes convenait parfaitement. Certains ont soulevé, à juste titre, la présence de notes autrement plus collantes et sirupeuses et il n’est d’ailleurs pas classé en “aromatique” par la marque. Il n’en reste pas moins que ce parfum en est une excellente illustration, grâce à la qualité des aromates (lavande, thym, sauge) utilisés ainsi qu’à leur rémanence très honorable. Un parfum qui parle à nos souvenirs les plus intimes et les plus enfouis… Un bonheur.

3 – Fleurs blanches : Lys Méditerranée par Edouard Fléchier pour les Editions de Parfums. Ce soliflore est pour moi à l’heure actuelle le lys le plus magnifique et le plus réussi de la parfumerie. Il déploie des sensations saisissantes de vérité : une blancheur trompeuse, une fraîcheur venimeuse, une candeur aphrodisiaque. On retrouve la fleur sur la peau comme si on la sentait au naturel et à mesure que le temps avance elle développe ses notes sensuelles et troublantes. Ces fameuses notes solaires (les salicylates) achèvent de nous conquérir, notre coeur qui bat sous un t-shirt de coton abdique et se rend à sa Majesté Le Lys…

4 – Boisé: Splash Forte de IUNX. Un accord que nous n’aurons malheureusement pas eu le plaisir de sentir tous ensemble… Mais c’est une erreur que nous ne manquerons pas de corriger ! Les matières premières boisées ont toujours été utilisées en parfumerie, mais sont réellement apparues depuis une cinquantaine d’années. Depuis cette famille nous enchante et ses matières forcent le respect. Splash Forte fait partie des parfums les plus touchants qui m’aient été donnés à sentir : un cèdre authentique, bruni d’épices et assoupli de musc. Une écriture limpide et claire, qui déclencha un petit débat sur “la transparence” en parfumerie et les styles à la fois si proches et si lointains de Jean-Claude Ellena et d’Olivia Giacobetti… A suivre.

5 – Chypré : Azzaro Couture 2008 d’Azzaro. Ah mon Dieu, un parfum remasterisé ! Et oui, et très réussi qui plus est… La version actuelle d’Azzaro Couture revue et corrigée par Aurélien Guichard a cependant tout d’un grand. Le départ est propret il est vrai, mais l’esprit du parfum, du chypré est bien là… Et la magie opère. Dans une étreinte de fruits et de fleurs scintillants, comme à l’époque des grands chyprés, ce parfum pare la peau comme un bijou — bien trop cher pour mes finances — la rendant désirable et sensuelle comme jamais.

6 – Oriental : Midnight in Paris de Van Cleef & Arpels. Laissez tomber le nom tarte à la crème pour vous attarder sur cette composition grand public qui, une fois n’est pas coutume, vaut le détour. Un parfum qui joue sur les codes, transgresse un peu les habitudes (ouf !) et donne du plaisir. Je l’aime surtout pour son fond poudré-baumé-cuiré qui diffuse de façon intime un chic imposant. Ce parfum a aussi été choisi pour montrer que de belles choses pouvaient être faites en grand public, et que c’est en encourageant ces initiatives qu’on retrouvera plus de plaisir et de qualité en Parfumerie.

Original Musk de Khiel's

7 – Musqué : Original Musk de Kiehl’s. Un archétype des muscs, fait par une marque de soin certes, mais d’une qualité à mon sens plus élevée qu’un autre musc bien connu du milieu : White Musk de The Body Shop. J’ai d’abord connu le musc de Kiehl’s en crème pour le corps et comme une bleue, j’ai succombé en moins d’une journée au charme et à la puissance addictive de ces substances sulfureuses… Ce parfum assume de bout en bout son aspect sensuel et provocateur, le départ est sale, un peu dérangeant, mais une fois sur la peau il fait de vous à peu de frais une bombe sexuelle.

8 – Epicé : Poivre Piquant de l’Artisan Parfumeur. Comment ne pas rendre hommage à ce parfum qui m’inspira le nom de Poivre Bleu et qui scella (avec Passage d’Enfer) mon entrée décisive dans le monde des parfums. Un parfum de l’Artisan comme on les aime : ludique, émotionnel, simple et tellement vrai ! Une chaleur qui taquine par le poivre, rassure par le lait et adoucit par le miel. Du sourire et de l’authenticité en bouteille. [Un parfum signé par une créatrice qui décidément, me suit depuis un moment et me touche toujours autant : Olivia Giacobetti.] Erratum : Voulant aller trop vite, j’ai attribué ce parfum au mauvais créateur qui est en réalité Bertrand Duchaufour (merci Denyse!). C’est aussi bien finalement, puisque ce parfumeur me suis aussi depuis un moment avec d’autres créations de l’Artisan…

Comment conclure ? Par un immense merci bien sûr, à vous tous chers lecteurs. Vous êtes repartis aussi comblés que nous, heureux d’avoir pu se rencontrer enfin, et d’avoir discuté simplement autour de ce qui nous réunit. Merci aussi aux Ateliers Parfums Thierry Mugler et avec eux Constance, Camille et Aurélie qui nous ont reçu comme des rois dans un cadre magnifique avec un accueil irréprochable.

A très bientôt vous tous pour de nouvelles sessions que nous espérons aussi animées que celle-ci !

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8 commentaires

  1. Merci pour toutes ces émotions partagées, Juliette. J’ai retrouvé avec bonheur dans ta sélection “Eau noire”, que j’avais pu découvrir grâce à … Poivre Bleu 🙂
    Et j’ai découvert avec stupeur Lys Méditerranée, à côté duquel j’étais passée bien trop vite. Un parfum que je ne porterais pas forcément mais dont j’ai adoré la vigueur et la délicatesse.
    Enfin, ce que j’ai pu sentir de Splash Forte (entre deux coupes, je dois avouer) m’a donné envie d’aller découvrir les créations de Iunx. Ce boisé me semble hautement recommandable ^ ^
    Donc merci merci merci, et longue vie à Poivre Bleu 🙂

    1. Merci à vous Géraldine ! Pour tous vos mots gentils et touchants. Ce que vous dites est exactement ce qu’on souhaitait faire avec cette soirée, découvrir et faire découvrir… Pari qui semble gagné! A très vite j’espère!

  2. Ces tests en aveugle sont surprenants : quand est arrivé le tour de l’Eau Noire, j’étais tellement concentré sur l’immortelle de Sables que je croyais avoir reconnu que la dimension aromatique m’est presque totalement passée sous le nez !

    1. Et oui, c’est vrai que le blind test en parfums c’est un peu l’épreuve du feu! Mais c’est ça qui est amusant aussi… On est tellement habitué et conditionné par le nom, la publicité, la marque, qu’on a du mal à se laisser aller avec l’odeur… A refaire dès que possible!

  3. Idem Thierry : j’aime beaucoup Eau Noire, que j’ai porté 2 ou 3 fois, mais je n’ai senti tout d’abord que l’immortelle et c’est Sables (alors que ce parfum agit sur moi plutôt comme un répulsif) que j’avais dans le nez. L’olfaction est sans doute le sens sur lequel nous avons le plus de mal à mettre des mots, même sur les senteurs ou les fragrances les plus évidentes.

    1. Ce que vous dites est amusant Géraldine, parce que j’ai moi aussi un peu de mal avec Sables. Mais je crois que c’est exactement le type de parfum qu’il faut apprendre à apprivoiser, et le portant par petite touche, de temps en temps. Eau Noire est pour moi un peu plus doux, en quelque sorte moins rustre, et donc plus facile d’accès…
      En ce qui concerne les mots, vous avez (encore) raison, cela prend du temps de savoir exprimer ce que l’on ressent en matière d’olfaction. Le sens de l’odorat étant relativement peu valorisé, personne ne nous apprend petit à décrire ce que l’on sent et c’est un vrai travail sur soi et sur la connaissance des odeurs qu’il faut pratiquer pour “défricher” le terrain…

  4. Sables est probablement mon pafum favori toutes marques confondues! Je comprends qu’il puisse agir comme un répulsif: ça a été mon cas la première fois et même la deuxième fois que je l’ai senti. Depuis, exactement comme l’écrit PoivreBleu, en le portant en petites touches et de façon non quotidienne (du moins au début..^^), j’en suis devenu absolument inconditionnel, et a côté, l’Eau Noire c’est du pipi de chat pour moi, si vous me passez l’expression. Et je ne plaisante pas.

    1. Eh-Andy vous n’y allez pas de mains mortes! Cela dit je vous comprends… Une fois qu’on a apprivoisé un fauve comme Sables, difficile de percevoir une telle puissante dans les autres…!

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