Penhaligon’s : Amaranthine par Bertrand Duchaufour

Parc de la Cuitatdella - Barcelone

Amaranthine est un parfum que j’ai aimé dès les toutes premières secondes. Je n’ai pas tout de suite compris pourquoi, car aucune image particulière ne me venait à l’esprit comme cela m’arrive souvent avec bon nombre de ses confrères. Mais là, rien de tout cela.

J’ai alors pris le parti de construire ces images moi-même et me servir de cette non-association visuelle pour marquer dans ma mémoire les lieux, les ambiances et les moments que je vis actuellement : un peu à la manière d’Andy Warhol. Il faut savoir qu’en ce moment, je vis à Barcelone et que depuis mon arrivée ici, je n’avais pas de parfum “attitré”. J’ai trouvé très intéressante l’idée d’associer des moments particuliers et épisodiques de la vie à un parfum particulier. La puissance évocatrice de l’odorat étant en effet ma meilleure alliée pour être sûre de ne pas perdre une miette de mon passage dans cette ville.

Les jours passent et l’histoire d’Amaranthine et la mienne se gravent de concert dans ma mémoire : les soirs de balade à la fraîche ; les après-midi enivrants de beau temps, la tête à l’ombre et un livre de Murakami sous les yeux ; la brise à l’odeur de mer au parc de la Ciutatdella… Ronde, chaude, souriante comme le soleil, Amaranthine m’appartient enfin. Si j’avais par moi-même pu reconnaître une partie des notes, j’ai attendu un long moment avant d’aller consulter une liste plus complète, de peur de faire disparaître le plaisir que j’avais à me glisser le matin dans mon “gant de beauté”. J’étais séduite. Lorsque j’ai pris connaissance des notes, j’ai compris que mes craintes étaient fondées : la magie n’opérait plus, ou mal, comme une recette de cuisine pas vraiment ratée, mais pas vraiment bonne. J’ai alors décidé de les ranger au fond d’un placard, pour continuer de vivre mon aventure avec cette fleur blanche à la taille souple, à la peau douce et au regard piquant. Chaque instant devient une petite éternité que je range dans les tiroirs appropriés de ma grande bibliothèque mémorielle, tous liés par le même fil conducteur.

Cette expérience m’a fait comprendre une chose : l’émotion n’a pas besoin d’être traduite. Que ce soit en musique, en peinture, ou en parfum, il faut parfois ne pas chercher à disséquer une œuvre, à lui chercher une quelconque armature ou à en connaître les secrets. Amaranthine est une réussite car il offre une perception globale, un ressenti puissant et une sensation nouvelle qui fait terriblement plaisir (et beaucoup de bien).

Un grand bravo à Bertrand Duchaufour pour ce parfum d’auteur touchant et un grand merci à Thierry pour m’avoir aidé à retrouver l’inspiration!

Et puisque M. Duchaufour en parlera mieux que moi, je vous encourage à regarder la vidéo que voici.

11 commentaires

  1. Amaranthine est une rencontre également pour moi. Un parfum singulier mais au combien attachant quand il est porté, et très différent de ce que l’on ressent sur touche. J’imagine son sillage lactonique et fruité, entre le figuier, la mangue et une fleur étrange dans les allées ensoleillées du parc Guell, Poivrebleu n’est pas loin ?
    Et tu ne vas pas me croire, mais je pourrais bien le préférer à Nuit de tubéreuse.

    1. Ce genre de parfum est à mon avis le meilleur antidépresseur qui soit. Je retrouve mes espoirs, mes envies, mes ambitions. Pour Nuit de Tubéreuse, je ne peux pas encore dire : pas senti! Mais il faudra que nous en discutions!
      Quoi qu’il en soit, Amaranthine entre dans ma collection dans moins de 10 jours, pour sûr…

  2. Nez Bavard en apesanteur parfumée ! ah, cela fait bien plaisir de savoir que tous ses capteurs olfactifs sont réjouis, on s’y croirait presque, à Barcelone…

  3. Insensé (ou plutôt le contraire), j’ai tellement ce parfum dans le nez que je le sens aussitôt rien qu’à lire le titre du post!
    Pour ma part, le parfum que je n’ai pas envie d’analyser (ou en tous cas pas trop — c’est un peu devenu un réflexe chez moi), c’est Mitsouko. De toute façon, rien de ce que je pourrais en écrire ne serait à la hauteur!

    1. Aaaah Denyse, comme je te comprends! Avoir l’impression de ne pas pouvoir parler d’un parfum comme il faut : Ca m’arrive trop souvent! C’est intéressant ce que tu dis, moi le parfum que je sens lorsque je lis le titre c’est Alien (en même temps ce n’est pas le plus discret qui soit), je sais comment il commence, comment il va évoluer et la sensation que j’aurais en le sentant… Il faudra que je teste avec d’autres noms…

  4. bonjour poivrebleu

    c’est vrai que ce parfum, amaranthine, a vraiment quelque chose d’unique, de très original; je ne sais pas si je pourrais le “faire mien, me l’approprier” mais en le ressentant sur touche il y a peu je ne pouvais m’empêcher de sentir cette touche frénétiquement, c’était presque addictif. Une de mes copines l’a adopté, il a un très beau sillage en plus, et il ne ressemble à aucun autre, il me fait penser à une tige verte de fleur qu’on aurait plongé dans du lait chaud, quelque chose dans le genre…

    (ps: votre photo de barcelone me donne envie, c’est vraiment une ville très agréable)

    1. Bonjour Sophie,
      Moi j’avoue que je n’ai pas eu du tout de mal à me l’approprier, comme je le disais dans le billet, je l’ai aimé tout de suite mais il ne m’évoquait pas grand chose. Et puis finalement je le trouve vraiment adapté à la ville de Barcelone, avec son côté solaire et vert. Je trouve votre image assez amusante ! Et puis pour Barcelone… aaaaah Barcelone… 🙂

  5. Bonjour !
    Je suis tombée sur votre blog après avoir eu une discussion avec un jeune homme qui m’a parlé de votre blog, Thomas de Montpellier qui est une connaissance à vous apparemment ! Je bosse en parfumerie en ce moment, j’ai une vraie passion pour les parfums et votre blog est très agréable à lire =)

    1. Bonjour Rockfairy,

      Oui, en effet nous avons dû rencontrer le même Thomas ! Merci beaucoup pour vos gentils mots, j’espère que vous vous épanouissez dans votre travail au milieu des flacons !

  6. Je suis bien d’accord avec vous. C’est “l’image” d’ensemble d’un parfum, sa personnalité prise comme un tout, qui me touche dans un parfum, plus que l’analyse de ses constituants. Celle-ci est très intéressante, par ailleurs, mais ce n’est pas le vecteur primordial de l’émotion.

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