Investigations en terres masculines V

Jean-Paul Gaultier : Le Mâle

Pourquoi parler d’un parfum si largement connu et plébiscité par la gent masculine, me direz-vous ? Et bien, parce que je l’ai redécouvert sur moi et que j’ai apprécié la sensation de nouveauté qui s’en dégageait. Oh rien de vraiment renversant, mais assez pour me convaincre que les femmes devraient l’essayer aussi (bien qu’elles le fassent déjà).

Créé en 1995 par Francis Kurkdjian, Le Mâle a été très rapidement un immense succès et figure désormais tous les ans dans les 10 meilleures ventes de parfums (masculins) en Europe. Après quelques années de totale-Mâle-attitude, on le sent un peut moins dans la rue désormais. Avant de réellement l’essayer, j’en avais une idée assez vague, je me souvenais seulement d’un parfum suave avec un côté frais rappellant la mousse à raser. De ce côté, le contrat a été bien rempli, puisque Jean-Paul Gaultier souhaitait un parfum qui évoque les échopes des barbiers. Je le trouvais dérangeant les premiers temps, parce que dans ce parfum se confrontent deux univers qui a priori n’ont pas grand chose en commun. D’un côté, on retrouve les classiques fougères des années 80, avec leur overdose de virilité poilue et musclée ; de l’autre côté, une avalanche de vanille, de fève tonka (héliotropine), se distingue très tôt, peu de temps après la giclée de menthe poivrée en tête.

Ce parfum me fait penser à un produit bi-phase (comme certains démaquillants) qu’il faut secouer fort pour obtenir une préparation étrangement trouble et dense. Lavande, menthe, cèdre et bergamote forment un bloc ; fleur d’oranger, cannelle, fève tonka et vanille viennent s’y frotter. La fragrance pourrait avoir un léger côté criard, mais le résultat est tout de même bien orchestré et finira par vous laisser perplexe. On a alors un aspect masculin-féminin du même acabit, deux forces contraires qui s’affrontent mais, qui, lorsqu’on les pousse un peu, s’accommodent très bien l’une de l’autre. Peut-être ce parfum a-t-il été une habile façon de réconcilier ces deux côtés présents chez les hommes, et maintenant chez les femmes… ?

Voilà qui clot la série de billets sur les parfums masculins portés par les femmes. La liste est encore loin d’être finie et il y aura sûrement des reéditions. Nez Bavard tentera l’exercice inverse le plus tôt possible, mais cela va forcément dépendre des cobayes et des témoignages recueillis dans ses prochaines missions.

2 commentaires

  1. Ceux qui auront eu la chance de connaitre le parfum Helmut Lang pour Homme (le premier) que l’on trouvait même en parfum d’ambiance sous le nom d’eau de musk par Helmut Lang, auront connu la vrai odeur de barbier sublimée par un parfum. Le Mâle de JPG m’évoque davantage les odeurs des coiffeurs, des gels pour les cheveux, très vifs, sucrés mais frais. Le parfum d’HL était chargé de musk, de vanille, de lavande. Assez proche de “Pour un homme” de Caron mais avec un note très rétro de mousse à raser ou plutôt de savon à raser. Son côté très vanillé le rendez aussi très portable et très sensuel sur une peau de femme.
    Pour finir sur une note moins agréable, il faut évoquer sa disparition (avec la disparition de la marque du couturier) qui rend le prix des derniers flacons assez incroyable,jusqu’à 200E les 50ml sur Ebay.

  2. Fleur du Mâle follows these steps.
    i bought it for my husband and I am wearing it too.
    Flowery, soapy, citrusy…
    The guy who wears it has too be pretty sure about his gender. Once the petit grain evaporates and all the citrusy notes fade away…the masculinity vanishes too.
    What is left is that clean, white soap scent.
    But I love it.

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