Annick Goutal : Songes

Surprenantes surprises pour le premier Annick Goutal analysé par Nez Bavard. Dans le petit monde des parfumeries de niches Annick Goutal est une référence en la matière avec L’Artisan Parfumeur. Ces deux maisons jouent sur le même créneau du parfum associé à l’émotion, au plaisir et au souvenir. Chez Annick Goutal, réside une ambiance très féminine du soin apporté à chaque détail : la beauté des flacons, le rafinement des boutiques, le soin des mots employés… Tout ceci crée une ambiance très romantique, très boudoir qui sont la signature de la marque. Bien que j’apprécie les belles choses et le plaisir d’un produit bien présenté et agréable à regarder, je ne suis pas très sensible aux éléments que je considère comme superflus. Le soin apporté au détail doit se faire de façon mesurée et surtout discrète, c’est ce qui pour moi sera la véritable preuve de la qualité et de la finesse du produit : le plus important reste le contenu du flacon.

Publicité pour Songes, Annick GoutalJ’ai souhaité commencer mon exploration des parfums d’Annick Goutal par Songes, tout d’abord parce qu’il est assez récent, et ensuite parce que son titre est terriblement évocateur. Ce parfum m’a surprise. Un tel titre se rapportant pour moi à l’univers de la nuit et des rêves se devait d’être flottant, aérien, cotonneux… Il est opulent, vanillé et charnu. Mais il évoque finalement assez bien les chaudes nuits d’été. Il est assez exotique et rassemble le tourbillon des senteurs du soir dans un jardin sur une île. Sa composition s’adapte bien à cette impression : Frangipanier, Tiaré, Jasmin Sambac / Encens, Vanille Bourbon, Baume Copahu, Ylang ylang / Vétiver, Santal, Ambre, Styrax. Il faut y rajouter une pointe de tubéreuse. L’ensemble est très charnu, enveloppant et chaud. Une fois que la surprise de la première inhalation est passée, on se rend compte que ce parfum est très agréable, très tendre, ce qui vient à l’esprit sont des instants intimes, le soir, assis dans un hamac en train de regarder les étoiles tout en discutant avec un proche. Pendant un moment ce parfum m’a vraiment fait rêver… Mais à ma grande déception (et surprise) il a tourné. La douceur carnée et enveloppante du parfum des fleurs à la tombée de la nuit, qui nous entouraient de leur beauté s’est effacée pour laisser place à une lourde sensation de vanille ambrée et sucrée. Mes sensations qui l’instant d’avant étaient si confortables et familières sont devenues pesantes et dérangeantes. La nuance était pourtant très fine, mais elle a tout changé et s’est intensifiée, pour finalement me laisser penaude, une porte ouverte mais désormais infranchissable.
C’est finalement l’impression d’un parfum un peu vulgaire qui m’est resté dans le nez. Il est certes bien moins désagréable que d’autres, mais la façon dont il se conclut alors qu’il avait si bien démarré déçoit, car le fond n’a plus rien de commun avec la finesse du coeur. Je serais tentée de dire qu’avec ce parfum, Annick Goutal a voulu donner une réponse à une clientèle demandeuse de senteurs sucrées et gourmandes, mais je ne le dirai pas, je vous laisse le soin d’en juger par vous même.

2 commentaires

  1. Hey ! Dit, est-ce que tu as testé l’edt ou l’edp pour ta critique ? Il me tente bien ce songes pour l’été à venir… J’ai envie de fleurs blanches et d’exotisme (et manoumalia est un peu hors de prix n’est-ce pas ?) donc je tourne autour de songes en le cherchant désespérément un peu moins cher sur internet. Tu le conseillerais en edp ou edt ? (je connais pas encore l’edp en fait)

    1. Hello Mr Phoebus,

      C’est l’EDP dont je me suis servie pour la critique. A vrai dire, lorsque les 2 versions existent, je privilégie celle qui est sortie en premier. Elle est censée être plus proche de la volonté du créateur. Enfin, en tout cas c’est mon point de vue… -^^-

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