Guerlain : Shalimar

Shalimar… L’un des plus grands mythes parfumés du XXe siècle, aux côtés de Chanel N°5, et qui sera rejoint dans une dizaine d’années par Angel de Thierry Mugler. Ce parfum transporte avec lui l’image de la maison Guerlain, et une “note orientale” d’après les parfumeurs. Avec toutes ces particularités, il fallait absolument que Nez Bavard donne son avis !
Créé en 1925, ce parfum est encore tout à fait dans l’air du temps, et n’a pas un aspect décalé, mais peut-être est-ce dû au fait que Shalimar a inspiré bon nombre de parfums après lui. C’est en effet l’une des plus importantes réussites en parfumerie et l’un des premiers parfums à utiliser de la vanilline (ce composant caractéristique de la vanille, qui isolé, produit un effet intense). Il est construit de la manière suivante : Tête, Bergamote/Mandarine/Bois de Cèdre/Citron ; Coeur, Patchouli/Jasmin/Rose/Iris/Vanille ; Fond, Benjoin/Baume du Pérou/Cuir. Ses notes suaves et balsamiques en font un extraordinaire parfum enveloppant, et il s’affirme très féminin grâce aux notes fleuries et à l’iris. D’après le site de Guerlain, Shalimar est un parfum qui suscite et exprime le désir.
Malheureusement, Shalimar ne me plaît pas. Je suis trop jeune pour l’apprécier? Peut-être, mais cette conclusion me semble un peu facile. Tout d’abord, cette note caractéristique de Shalimar ne me rappelle pas l’Orient, personnellement, ou en tous cas ne me semble pas être une représentation typique de celui-ci. Mais cet avis est très subjectif, car il est possible que j’aie une vision de l’Orient très différente de celle qui est communément connue. Pour tout dire, je trouve que ce parfum n’est tout simplement pas si distingué que cela. Il n’entraîne pas chez moi l’admiration, comme Prada a pu le faire. Je reconnais en lui les qualités d’un grand parfum, son aspect chaud et travaillé, très sensuel et proche de la peau. J’aime cet aspect dans de nombreux parfums, et bien que Shalimar ne soit pas particulièrement lourd, je le trouve tout de même un peu chargé, presque grossier. Cette particularité doit peut-être venir de la vanilline, qui utilisée pure, perd de sa finesse et délicatesse. Il faut aussi savoir qu’avant de le sentir correctement pour la première fois, j’ai longuement entendu parler de ce parfum, décrit comme une exception, un petit bijou, une merveille… En m’attendant à quelque chose de vraiment exceptionnel, j’ai été un peu désappointée. Je fais un léger parallèle avec Chanel N°5, car je lui consacrerai un billet. Chanel N°5 ne me plaît pas (ou ne me plaisait pas) non plus (mais évidemment pour d’autres raisons), cependant, il est plus féminin et a plus d’allure que Shalimar. Chez Guerlain, je trouve Samsara mieux construit et beaucoup plus attachant. J’aimerai avoir votre avis sur Shalimar, entendre vos critiques car je suis interessée par les différentes visions que l’on peut avoir d’un même parfum. Laissez donc un petit commentaire !

16 commentaires

  1. plutôt que de laisser un commentaire sur Cristalle de Chanel, parfum que j’ai choisi exclusivement pour cette période estivale, pour sa fraîcheur … (quoique j’aurais sans doute du me rabattre sur mon classique Hermès, 24 faubourg plus hivernal !!) j’ai choisi celui ci … parce que vraiment .. je ne l’aime pas du tout !!! Bizarrement, j’ai connu trois femmes qui le portaient .. trois femmes avec qui j’ai peu, même très peu d’affinités ..Aujourd’hui sans doute que je l’associe trop souvent à leur image commune : snobisme, manque d’humanisme, égoîsme .. et même écoeurement !! On me l’a offert un jour .. je crois l’avoir quitté peu de temps après ;-))

  2. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Shalimar ne déclenche jamais de réactions tièdes. C’est tout sauf un parfum consensuel, et il n’est pas très facile d’accès. Victime de son succès et de son aura, il a comme le N°5, été très galvaudé. Jusqu’à mes 24 ans, c’était pour moi un vrai repoussoir. Il faut dire que j’étais habituée à porter N°19, First de Van Cleef & Arpels, Paris d’YSL et… 24 Faubourg d’Hermès. Que du fleuri, du velouté/poudré/vert. Non seulement Shalimar m’étouffait et m’incommodait -allez savoir pourquoi, il m’évoquait un produit de traitement du bois dans ses notes de tête- mais pire encore je l’associais à des femmes vulgaires, envahissantes, fardées à l’excès qui en inondaient leurs vêtements. Au mieux, de vieilles dames emmitouflées dans des fourrures lourdement parfumées. Tout, sauf moi. Et puis un jour, au hasard d’une discussion avec une amie qui travaillait alors dans une parfumerie, nous nous amusons à associer des personnes de notre entourage chacune à un lieu, une activité, un plat, un parfum… Mon tour arrive et voilà qu’elle m’associe à Shalimar. Pouah! Et d’insister pour me parfumer avec. Ne voulant pas mourir idiote, je tente l’essai. Quelques minutes plus tard, je me surprends à sentir mon poignet avec insistance. Le parfum vit sur ma peau, sensuel, pétillant, tout de douceur. Il a quelque chose de félin, délicat, velouté. La vanille sur ma peau est très discrète, toute en retenue, je suis incapable pour une fois d’en décortiquer la composition ou les notes qui se développent sur moi, il me semble abstrait et sensuel en diable à la fois. Je suis conquise, à ma grande surprise, ce jus me parle. Shalimar c’est l’âme d’une aventurière des années 30, c’est l’Orient idéalisé de l’époque. Je ne suis pas étonnée qu’il ait été associé par son créateur au Taj Mahal. Un orient rêvé, stylisé, épuré. Inutile de dire qu’ajourd’hui encore j’ai toujours un flacon d’eau de parfum Shalimar (fuyez l’eau de toilette que je trouve agressive et fade à la fois, elle ne rend pas toute la profondeur du jus), c’est un classique de ma garde robe parfumée. Je me suis fait offrir il y a peu l’extrait de parfum, une merveille!
    Un jour un petit garçon de 7 ans m’a dit en me voyant me parfumer: hum, tu sens bon… ton parfum, ça sent le mystère! Le plus beau compliment qu’on m’ait fait.

  3. Vous avez raison, Shalimar ne laisse pas indifférent. Mon avis n’a pas foncièrement changé par rapport à l’époque où j’ai écrit ce billet, à la différence qu’aujourd’hui je reconnais plus en lui la note orientale qui est utilisée. Il reste un très beau parfum, très bien construit et délicat (puisque l’on était encore à l’époque où LVMH n’était pas venu mettre son gros grain de sel dans toute cette histoire). Ca ne m’étonne pas que vous disiez qu’il “vit” sur vous, beaucoup plus que les notes florales, les notes animales de Shalimar (et de la plupart des orientaux) sont faites pour être portées sur la peau. Malheureusement, comme la plupart des parfums, Shalimar a subit une réévaluation pour être mis “au goût du jour” de façon à pouvoir rentrer dans les cases de la parfumerie actuelle. Cependant, vous m’avez donné envie de le réessayer, car je sais combien ma perception olfactive a changé depuis ce billet. En tout cas merci de me lire et de réagir!

  4. Renseignement pris, Shalimar, comme tous les anciens Guerlain d’ailleurs, n’a pas subi de modification de sa formule d’origine, en revanche, la concentration a sérieusement baissé. Voilà pourquoi les inconditionnelles des parfums Guerlain finissent par devoir s’offrir l’extrait de parfum. Il y a 15/20 ans, la concentration d’une eau de parfum Guerlain était proche d’un extrait (on trouve peut être encore de telles concentrations chez Serge Lutens aujourd’hui), et les eaux de toilette ressemblaient davantage en terme de concentration à nos eaux de parfum actuelles. Quand Guerlain a été racheté, la maison connaissait quelques difficultés financières. Il a fallu faire des marges plus confortables, et créer au fil du temps de nouveaux jus plus “actuels”, remettre à la mode à grands renforts de publicité et de changement de flacon (cf Shalimar) les anciens jus, etc…
    L’une de mes tantes, qui a plus de 80 ans, m’a confirmé qu’elle reconnaissait dans l’extrait shalimar l’exact équivalent du sillage que laissait l’eau de parfum à “son époque”. La qualité est toujours là, pour les amateurs, mais elle se paie (cher) et se fait rare. De plus en plus de parfumeurs, de moins en moins de matières premières disponibles, leur prix flambe, ceci explique sans doute cela. Aujourd’hui le parfum s’est démocratisé, tout comme le luxe au sens large. LVMH est confronté à un dilemne, également dans d’autres branches comme le Champagne. Le Champagne est rare, la zone AOC est limitée, et toute l’Asie veut boire du Champagne. La qualité des crus Dom Pérignon risque d’en pâtir, et les négociations sont âpres pour planter toujours plus de vignes en Champagne, et étendre la zone d’appelation.
    A très bientôt en tous cas pour la suite de ces réflexions parfumées!

    1. je viens de lire votre commentaire, et je dois avouer que j’adhère très fort à votre commentaire concernant SHALIMAR, que j’ai utilisé il y une vingtaine d’années, je l’ai quitté, et là j’avais envie à nouveau et quelle surprise,je ne le reconnais pas du tout, plus de magie capiteuse, sucrée, vanillée…. quand j’ouvre mon armoire d’où s’échappait ses effluves sensuelles, elles ont disparu, ça sent bon, oui mais rien à voir avec le SHALIMAR des années 1990,plus de traces derrière moi, quelle déception !!!!!

  5. Bonjour Bénédicte,
    Heureuse que vous ayez réagi. La réévaluation dont je parle n’était pas vraiment une question de mode, je veux surtout parler du fait que beaucoup de matières qui étaient utilisées à l’époque de la création de Shalimar sont aujourd’hui rigoureusement interdites en parfumerie, j’entends ici bien sûr toutes les matières d’origine animale qui donnent sa sensualité à ce parfum : civette, ambre gris et musc… La formule n’a certes pas changé, mais les composants oui. Et malgré ce que l’on pense il existe d’excellentes matières de synthèse, mais qui coûtent parfois aussi cher que les matières de départ, ou qui n’existaient pas forcément à l’époque de la réévaluation des anciens parfums.
    Cependant et comme vous le dites bien, la concentration des parfums a fortement baissé, de façon assez marquée pour les parfums Guerlain. Ce changement n’est pas étranger à LVMH, qui privilégie très largement le profit par rapport à la qualité et à la renommée. Il suffit de sentir les nouvelles sorties de Guerlain et d’observer la façon dont elles sont commercialisées pour s’en rendre compte… C’est sur ce point que je suis moins d’accord avec vous, car je trouve qu’aujourd’hui on paye très cher un produit dont la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. En parfumerie grand public, les extraits sont concentrés à hauteur de 20 à 25% environ de parfum dans l’alcool, ce qui représentait comme vous le dites les edp de l’époque de nos grand-mères. Je ne reproche pas aux marques de vouloir faire du profit, mais je n’aime pas la façon dont on essaye de nous faire croire que rien n’a changé, que tout est beau et merveilleux. J’ai encore en ma possession un (très) vieux flacon de Shalimar et…
    Je crois que je vous expliquerai tout ça dans mon prochain billet!!

  6. Je ne suis pas fan de Shalimar, car effectivement il a bel et bien été reformulé, et les notes de tête sont désormais d’une agressivité sans pareille ….acides et affreuses !!!
    il faut bien attendre 2/3 H avant de le voir se radoucir…
    du coup je ne le trouve pas sexy du tout…moi qui aime tant les orientaux (floraux et vanillés), 1 belle déception !

  7. Bonsoir,
    Je vous remercie de ce bel article, qui m’aide d’ailleurs dans la rédaction de la composition du parfum, et je ne manquerai pas de citer votre article, j’aime bien votre ton, il est sincère, en dehors des tendances, vrai.
    Pas de snobisme ni de compromis: j’aime beaucoup.
    Pour moi, Shalimar reste une référence et l’esprit du parfum a été préservé.
    J’ai la chance ou la malchance, selon, de ne garder les parfums que s’ils ont un sacré caractère, on appelait cela avant: avoir une peau de brune, Shalimar me résiste et se pare de voiles poudrés, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, la peau réagit différemment en fonction du parfum.
    J’adore ses notes orientales et chez moi, la Bergamote ressort avec bonheur, le patchouli est évanescent.
    Encore une fois, il y a l’évolution du parfum sur la peau, et le goût de chacun, les envies et sa propre histoire, on peut tout à fait ne pas aimer ce parfum
    Toutes les femmes sont différentes et je m’insurge contre l’uniformité des modes.
    Je vous remercie encore pour votre site et vos billets
    Sincèrement
    Mary
    (Mademoiselle VIP)

  8. Premier échantillon offert par ma parfumerie, premier test sur ma peau, la belle publicité sur ce parfum me laissait penser à un parfum de jeune, mais première approche l odeur, sensation d entêtement et de parfum de femmes très matures et puis je me laisse tout de même tenter pour me parfumer avec, et finalement il me laisse pas indifférente même plutôt agréable à porter et surtout résistant jusqu au lendemain, et il y a même une dame qui m à demandé qu elle était mon parfum, je pense que je vais commencer par l achat d une petite contenance parceque ce n est quand même pas mon genre de parfum mais il me va bien(je suis brune, peau laiteuse, 40ans) une fois sur moi il ne m à pas entêté, et il dégage beaucoup de sensualité…et d apaisement…

  9. je trouve que ce parfum a change , ne tient plus n a plus cette odeur captivante chaleureuse tres decue ;;cela fait plusieurs achats que je fais;croyant etre tomber sur des defectueux mais non il a change son jus !!!!!!!!que faire pour retrouver celui des annees 1990!!!!!!!!

    1. Bonjour Iris,

      Malheureusement, les reformulations ont effectivement grandement modifié le Shalimar que vous avez du connaître. Cependant, la formulation actuelle est plutôt de bonne qualité et l’on retrouve une sensation de profondeur et d’enveloppement que l’on avait perdu un peu avant 2010. L’avez vous essayé en boutique récemment ?

  10. Je suis un homme de 43 ans et je porte Shalimar edp depuis des années . On me demande souvent le nom de mon parfum que je garde toujours secret . Sur la peau d’un homme il est sensationnel , je lui trouve un côté assez masculin .

  11. Bonjour comme beaucoup de personnes qui se par fumaient avec shalimar,je suis très déçue de ne pas retrouver ce parfum de voilà quelques années, je n’entends plus tu sens bon qu’est ce que ça te va bien!

  12. Après avoir été une fidèle inconditionnelle depuis des années, je suis entièrement d’accord avec les commentaires des utilisatrices déçues : Shalimar est devenu acide, de mauvais goût et ne laisse aucun sillage derrière moi …même de près !!! Ayant acheté la recharge en eau de parfum, j’avais écrit au Service clientèle de la marque pour m’en plaindre et ce produit m’a été fort courtoisement remplacé par un nouveau flacon pulvérisateur … qui s’est révélé aussi décevant. J’abandonne donc Guerlain …en espérant trouver ailleurs une fragrance qui me convienne.

  13. Les parfums que l’on trouve aujourd’hui dans les enseignes multimarques ne sont plus du tout les parfums initiaux! J’ai testé récemment (pour le faire connaître à mon fils) le N°5 dans une de ces enseignes et là rien à voir avec le parfum qui m’avait été offert il y a …… une bonne trentaine d’années. Alors là j’ai testé Shalimar que je connaissais bien , puis Mitsouko, puis Jardin de Bagatelle….. Tous sont devenus insignifiants, vulgaires. On nous fait croire à la démocratisation des parfums? Pas du tout il y a probablement les parfums “grand public” et les autres. Le problème est la tromperie de ces grandes maisons qui nous prennent pour des incultes sans ododrat. Vus les prix de ces grandes marques c’est de l’arnaque. J’ai décidé de ne pluus jamais en acheter.

  14. je suis une inconditionnelle de shalimar bien que je le laisse parfois pour heure bleue ou autre parfum. je suis folle des parfums. Je trouve simplement qu’il ne tient plus comme avant….. bisous et merci

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